Connaissez-vous la Kinésiologie?
C'est une technique permettant d'équilibrer les ressources énergétiques du corps.
Grâce au test de plus de 40 muscles, le corps nous renseigne sur le stress, les troubles, les blocages qui peuvent perturber l'activité physique, la concentration, la vie quotidienne.
Pourtant en France, pays de la chasse aux sorcières, la Kinésiologie est sur la liste noire de ceux qui luttent contre les sectes. On confond souvent Kinésiologie avec scientologie, ce qui n'a rien à voir! Et quand on se promène sur les différents sites de ces chasseurs de sorcières (ils accusent les romans de Harry Potter d’entraîner certains de leurs fans vers la magie noire par exemple...), je ne peux me retenir de rire ! Et il vaut mieux en rire! Car un site reprochant aux Bouddhistes d'être une secte malveillante, aux pratiquants du Reiki d'abuser de pouvoirs magiques non naturels et qui publie en gras une citation de la bible, est un peu en conflit d'intérêts à mon goût!
Dans ce cas, pourquoi ne pas épingler TOUTES les religions? Pourquoi ne pas épingler les magazines féminins de pousser leurs lectrices vers la consommation?
J'ai suivi ma formation en Suisse où les séances de Kinésiologie sont remboursées par les mutuelles et où la sécurité sociale a son mot à dire sur le contenu des examens si l'école veut continuer d'avoir son agrément. Du sérieux vous dis-je!
Les gens qui sont déjà passés me voir et à qui j'ai fait une ou plusieurs séances de Kinésiologie n'ont jamais développé d'accoutumance et je me réjouis qu'ils ne soient pas revenus, ce qui signifie qu'ils se portent bien maintenant!
Tant pis pour ceux qui pensent (et ils pensent trop!) que les Energies, les Chakras, la Lumière, les Auras, la Méditation, l'Amour sont des choses trop ésotériques pour être prises au sérieux. Ils ne savent pas ce qu'ils ratent! Car les courants d'énergie échangent, s'écoulent dans des lits différents et arrivent à toucher tout le monde. Les sceptiques seront touchés aussi.
Et toutes ces graines positives, respectueuses, ces graines d'Amour s'envolent au vent du Monde et germent.
Semez!
le blog d'une fille sportive qui réagit sur l'actualité, le quotidien avec humour et bon sens!
mercredi 13 novembre 2013
mardi 12 novembre 2013
HIGH ENERGIE
La semaine dernière a été plutôt pluvieuse et ombrageuse, ne laissant filtrer des rayons du soleil que quelques minutes et faisant tomber sur la terre des litres d'eau. Comme si les trombes d'eau du printemps n'avaient pas suffi, en voilà encore à l'automne. Bon la météo fait ce qu'elle veut et c'est une de ses principales qualités!
Depuis hier, le soleil est revenu, le froid aussi accompagné d'un vent du nord fort et sec, condition sine qua none pour avoir du beau temps!
Dans ma moyenne montagne du Valromey - Haut Bugey, les couleurs automnales ont été ternies par l'humidité persistante, les feuilles sont tombées tristement par terre emportées par les gouttes d'eau. Mais on peut encore se rattraper et faire une orgie de belles couleurs en partant marcher dès que l'occasion se présente. Il faudrait même ne pas attendre l'occasion et y aller derechef.
Et profitez-en pour faire le plein d'énergie. De la même façon que vous allez à la station service faire le plein d'essence de votre voiture, quand vous marchez en forêt, en montagne, sur un chemin bucolique, au bord de la mer, imaginez que vous êtes dans votre station-service la plus pure et la plus idéale et que c'est là que vous allez puiser votre énergie.
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De quelle façon? Ouvrez d'abord les yeux. Re-gar-dez! Regardez l'herbe sur laquelle vous marchez, regardez d'un œil nouveau les arbres bordant le chemin, inspirez l'air qui entre dans vos poumons de façon consciente et dites-vous qu'à chaque inspiration, vous faites entrer l'énergie de la nature en vous. Reprenez contact avec cette nature si présente et ô combien délaissée. Heureusement, elle n'attend pas nos regards pour continuer de vivre mais elle nous remerciera pour l'avoir prise en considération, pour l'avoir remerciée d'être belle, ici et maintenant et pour avoir été un maillon dans la chaîne des échanges bioénergétiques naturels. Dans un concert, dans une salle de cinéma, pour peu qu'on aime la musique ou le film, on communique avec l'auteur, l'interprète, il y a des échanges très forts, impalpables qui nous font dresser les poils sur la peau et nous emportent dans l'émotion, la folie ou la sérénité.
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Faites de même au milieu de la nature. Soyez un maillon de la chaîne, faites transiter par votre organisme les énergies qui circulent autour de vous. Fermez les yeux, regardez le soleil à travers vos paupières closes, faites grossir cette boule de lumière qui se forme et laissez-la vous envahir.
Vous trouvez cet arbre beau, majestueux, touchant? Posez votre main sur son écorce et dites-le lui. Et sentez ce qu'il a à vous dire. Retrouvez vos yeux d'enfant devant un oiseau qui s'envole, un écureuil qui s'enfuit, une rafale de vent qui va secouer la cime des arbres et vous faire peur. Retrouvez votre curiosité en rapportant à la maison des feuilles mortes dont la couleur ou la forme vous plait, un caillou, un bout de bois. Soyez certain que c'est la plus belle journée que vous vivez.
Et vous rentrerez les joues rougies et le regard brillant, le corps échauffé et tonique, l'esprit clair et reposé. Vous vous mettrez alors devant le feu de la cheminée, ou vous prendrez un livre, ou écouterez un disque ou ferez votre travail devant votre ordinateur et pour chacune de ces tâches, vous serez concentré, réceptif et présent. Très présent.
Regardez dehors, il fait beau? Qu'importe le temps, sortez!
Depuis hier, le soleil est revenu, le froid aussi accompagné d'un vent du nord fort et sec, condition sine qua none pour avoir du beau temps!
Dans ma moyenne montagne du Valromey - Haut Bugey, les couleurs automnales ont été ternies par l'humidité persistante, les feuilles sont tombées tristement par terre emportées par les gouttes d'eau. Mais on peut encore se rattraper et faire une orgie de belles couleurs en partant marcher dès que l'occasion se présente. Il faudrait même ne pas attendre l'occasion et y aller derechef.
Et profitez-en pour faire le plein d'énergie. De la même façon que vous allez à la station service faire le plein d'essence de votre voiture, quand vous marchez en forêt, en montagne, sur un chemin bucolique, au bord de la mer, imaginez que vous êtes dans votre station-service la plus pure et la plus idéale et que c'est là que vous allez puiser votre énergie.
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De quelle façon? Ouvrez d'abord les yeux. Re-gar-dez! Regardez l'herbe sur laquelle vous marchez, regardez d'un œil nouveau les arbres bordant le chemin, inspirez l'air qui entre dans vos poumons de façon consciente et dites-vous qu'à chaque inspiration, vous faites entrer l'énergie de la nature en vous. Reprenez contact avec cette nature si présente et ô combien délaissée. Heureusement, elle n'attend pas nos regards pour continuer de vivre mais elle nous remerciera pour l'avoir prise en considération, pour l'avoir remerciée d'être belle, ici et maintenant et pour avoir été un maillon dans la chaîne des échanges bioénergétiques naturels. Dans un concert, dans une salle de cinéma, pour peu qu'on aime la musique ou le film, on communique avec l'auteur, l'interprète, il y a des échanges très forts, impalpables qui nous font dresser les poils sur la peau et nous emportent dans l'émotion, la folie ou la sérénité.
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Faites de même au milieu de la nature. Soyez un maillon de la chaîne, faites transiter par votre organisme les énergies qui circulent autour de vous. Fermez les yeux, regardez le soleil à travers vos paupières closes, faites grossir cette boule de lumière qui se forme et laissez-la vous envahir.
Vous trouvez cet arbre beau, majestueux, touchant? Posez votre main sur son écorce et dites-le lui. Et sentez ce qu'il a à vous dire. Retrouvez vos yeux d'enfant devant un oiseau qui s'envole, un écureuil qui s'enfuit, une rafale de vent qui va secouer la cime des arbres et vous faire peur. Retrouvez votre curiosité en rapportant à la maison des feuilles mortes dont la couleur ou la forme vous plait, un caillou, un bout de bois. Soyez certain que c'est la plus belle journée que vous vivez.
Et vous rentrerez les joues rougies et le regard brillant, le corps échauffé et tonique, l'esprit clair et reposé. Vous vous mettrez alors devant le feu de la cheminée, ou vous prendrez un livre, ou écouterez un disque ou ferez votre travail devant votre ordinateur et pour chacune de ces tâches, vous serez concentré, réceptif et présent. Très présent.
Regardez dehors, il fait beau? Qu'importe le temps, sortez!
mardi 24 septembre 2013
SOUS INFLUENCE
Quand je regarde l'évolution du sport dans le milieu du fitness, je me rends compte que la période "cool" et "yoga" s'est essoufflée et n'aura pas durée longtemps.
Tous les 3 mois environ, on ne manque jamais de coachs apportant, inventant et présentant de nouvelles façons de faire du sport ensemble et en salle. Mais leur particularité tient dans la dureté de la méthode, de la violence que chaque participant doit se faire à lui-même pour, au nom du sacro-saint bien-être, se dépasser, se faire ...plaisir.
Leur message est clair, s'adressant le plus souvent à des gens déjà bien chargés négativement de stress dans leur vie active: la culpabilité vous attend si vous ne vous êtes pas fait mal, si vous n'avez pas dépassé vos limites, si votre coeur n'a pas atteint ses pulsations maximales ou si vous avez osé flancher avant la fin du cours.
On se trouve dans un pur délire judéo-chrétien! Faites-vous mal et vous serez exaucé! Faites-vous mal et vous atteindrez le nirvana! Si vous ne le faites pas, vous n'aurez rien!
Un dictateur ne s'y prendrait pas autrement pour soumettre un peuple: "Suivez-moi, peu importent les souffrances, les humiliations. Je suis le seul à pouvoir vous apporter la solution. Obéissez-moi!"
Le coach dit: "Suivez-moi, peu importent les souffrances au son de la musique en compagnie d'instruments de torture, les humiliations quand vous n'arrivez pas à faire un geste faute de force ou de coordination. Je suis le seul à pouvoir vous apporter la solution dans ma salle surchauffée afin de suer abondamment, perdre du poids. Obéissez-moi!"
Je veux dire par là que oui! on peut asservir des gens avec la pratique d'un sport comme on peut les maintenir sous addiction avec le Coca-light, la sortie du nouvel i-phone ou les soldes.
Doit-on raisonner ainsi: "Si je cours pas, je fume. Si je ne fume pas, je cours"?
Je pense que dès lors qu'on DOIVE faire quelque chose et j'entends par là, faire son heure de gym, de body fitness, de course à pied etc..., il est essentiel de se poser la question suivante: si on ne le fait pas, cela va t-il poser un problème? Si la réponse est oui, effectivement il y a un problème... de conflit.
Le stress vous envahit et la chose que vous DEVIEZ faire devient une source de conflit intérieur si vous ne la faites pas.
Et où est le bien-être s'il faut se maudire de n'avoir pas pu faire sa séance à cause d'un quelconque contre-temps?
Où est le bien-être si vous allez à la salle de sport, si vous faites vos exercices pour faire d'abord plaisir au coach?
Il me semble dommage d'appliquer dans le sport les mêmes techniques que dans la finance ou la politique: forcer les gens à faire ce qu'on leur dit, pour leur bien.
Je ne remets pas en question le fait que des gens aiment se retrouver dans une salle pour danser, suer, se muscler, se défouler. Je remets en question le fait qu'on leur propose de plus en plus de choses très violentes, dures, à intensité maximale alors que 90% d'entre eux n'y sont pas préparés. Et qu'on les entraîne dans le cercle vicieux de l'addiction avec un discours culpabilisant, où les moins préparés seront la plupart du temps en échec.
Les plus forts survivront. Mais qu'emmèneront-ils comme valeurs avec eux? Celles que justement de plus en plus d'entre nous ne partagent plus: la force, la violence, une image corporelle unique, la recherche effrénée du plaisir et partant, l'assouvissement des désirs.
Je me suis moi-même laissée prendre par certains discours, certaines méthodes mais sans jamais réussir à être aussi appliquée que le coach le voulait. Un réflexe de survie de mon corps?
Il est possible de faire autrement.
Il est possible de ne pas se laisser embrigader par les discours extrêmes même dans ses loisirs et d'assumer ses choix. Il est possible de s'aimer, de faire du sport en respectant son corps.
Il est possible de s'accepter tel qu'on est, debout devant son miroir et d'oublier ses peurs.
Chacun a sa solution en lui. Pour son bien-être.
Et de le faire partager!
Tous les 3 mois environ, on ne manque jamais de coachs apportant, inventant et présentant de nouvelles façons de faire du sport ensemble et en salle. Mais leur particularité tient dans la dureté de la méthode, de la violence que chaque participant doit se faire à lui-même pour, au nom du sacro-saint bien-être, se dépasser, se faire ...plaisir.
Leur message est clair, s'adressant le plus souvent à des gens déjà bien chargés négativement de stress dans leur vie active: la culpabilité vous attend si vous ne vous êtes pas fait mal, si vous n'avez pas dépassé vos limites, si votre coeur n'a pas atteint ses pulsations maximales ou si vous avez osé flancher avant la fin du cours.
On se trouve dans un pur délire judéo-chrétien! Faites-vous mal et vous serez exaucé! Faites-vous mal et vous atteindrez le nirvana! Si vous ne le faites pas, vous n'aurez rien!
Un dictateur ne s'y prendrait pas autrement pour soumettre un peuple: "Suivez-moi, peu importent les souffrances, les humiliations. Je suis le seul à pouvoir vous apporter la solution. Obéissez-moi!"
Le coach dit: "Suivez-moi, peu importent les souffrances au son de la musique en compagnie d'instruments de torture, les humiliations quand vous n'arrivez pas à faire un geste faute de force ou de coordination. Je suis le seul à pouvoir vous apporter la solution dans ma salle surchauffée afin de suer abondamment, perdre du poids. Obéissez-moi!"
Je veux dire par là que oui! on peut asservir des gens avec la pratique d'un sport comme on peut les maintenir sous addiction avec le Coca-light, la sortie du nouvel i-phone ou les soldes.
Doit-on raisonner ainsi: "Si je cours pas, je fume. Si je ne fume pas, je cours"?
Je pense que dès lors qu'on DOIVE faire quelque chose et j'entends par là, faire son heure de gym, de body fitness, de course à pied etc..., il est essentiel de se poser la question suivante: si on ne le fait pas, cela va t-il poser un problème? Si la réponse est oui, effectivement il y a un problème... de conflit.
Le stress vous envahit et la chose que vous DEVIEZ faire devient une source de conflit intérieur si vous ne la faites pas.
Et où est le bien-être s'il faut se maudire de n'avoir pas pu faire sa séance à cause d'un quelconque contre-temps?
Où est le bien-être si vous allez à la salle de sport, si vous faites vos exercices pour faire d'abord plaisir au coach?
Il me semble dommage d'appliquer dans le sport les mêmes techniques que dans la finance ou la politique: forcer les gens à faire ce qu'on leur dit, pour leur bien.
Je ne remets pas en question le fait que des gens aiment se retrouver dans une salle pour danser, suer, se muscler, se défouler. Je remets en question le fait qu'on leur propose de plus en plus de choses très violentes, dures, à intensité maximale alors que 90% d'entre eux n'y sont pas préparés. Et qu'on les entraîne dans le cercle vicieux de l'addiction avec un discours culpabilisant, où les moins préparés seront la plupart du temps en échec.
Les plus forts survivront. Mais qu'emmèneront-ils comme valeurs avec eux? Celles que justement de plus en plus d'entre nous ne partagent plus: la force, la violence, une image corporelle unique, la recherche effrénée du plaisir et partant, l'assouvissement des désirs.
Je me suis moi-même laissée prendre par certains discours, certaines méthodes mais sans jamais réussir à être aussi appliquée que le coach le voulait. Un réflexe de survie de mon corps?
Il est possible de faire autrement.
Il est possible de ne pas se laisser embrigader par les discours extrêmes même dans ses loisirs et d'assumer ses choix. Il est possible de s'aimer, de faire du sport en respectant son corps.
Il est possible de s'accepter tel qu'on est, debout devant son miroir et d'oublier ses peurs.
Chacun a sa solution en lui. Pour son bien-être.
Et de le faire partager!
dimanche 12 mai 2013
ENCORE UNE ETOILE AU CIEL...
Non, c'est pas possible, pas Manu.
Leucémie foudroyante détectée à la mi-mars, le premier traitement qui fonctionne bien, le moral, les contacts vers l'extérieur. Et depuis un mois, le silence, plus de nouvelles.
Il y a eu cet appel au don de moelle osseuse reçu sur Twitter il y a quelques jours auquel j'ai répondu dans la seconde, un sms que je lui envoie pour l'en informer et lui dire que je crois à fond au prochain donneur pour elle.
C'était il y a deux jours.
Ce soir, devant mon ordi, en lisant les messages sur Twitter, j'apprends que Manu Claret est décédée ce matin. Stupeur, choc, colère.
La petite Manu, toujours souriante, optimiste, pleine de vitalité, douée pour le sport, avec des qualités physiques incroyables, des qualités humaines magnifiques, généreuse, gentille. Je n'arrive pas à imaginer qu'elle n'est plus. Que tout s'est arrêté, que la vie l'a laissée tomber.
Je revois clairement toutes ces années où nous nous sommes côtoyées en équipe de France d'abord en ski de fond puis en biathlon. Manu et son accent de Gap, ses yeux bleus superbes et son sourire éblouissant, toujours. A l'époque, j'enviais son corps mince et musclé, moi qui étais (déjà) ronde. Mais jamais elle n'a été distante avec nous autres, la vantardise et la méchanceté lui étaient étrangères. Et son dévouement, sa capacité à toujours rendre service étaient ses principaux traits de caractère.
Avec elle on s'amusait, on riait, on écoutait beaucoup de musique, on prenait la vie du bon côté. Elle devenait attachante rapidement.
Quand elle nous a retrouvé en biathlon, elle nous a époustouflé par sa maturité et sa capacité à apprendre vite. Elle aussi s'est trouvé un second souffle en pratiquant cette discipline et en y gagnant les titres qu'elle méritait. Je regrette qu'elle n'ait pas pu concrétiser un titre olympique.
Je regrette aussi que sa fin de carrière se soit faite en catimini, en queue de poisson, bien involontairement d'ailleurs puisque les sélections l'ont écarté des courses de fin de saison et qu'elle n'avait pas pu en profiter jusqu'au bout.
Ne l'ayant pas revue depuis, je la savais heureuse avec un homme qui l'aimait et 2 beaux enfants.
Je suis en colère oui, devant la rapidité de l'évolution de sa maladie et son issue fatale, injuste, brutale.
Je pense à sa famille, ses enfants, je pense à elle et même s'il paraît que là où elle est, elle ne souffre plus, elle laisse un grand vide dans notre petit monde.
Bisous Manu.

Leucémie foudroyante détectée à la mi-mars, le premier traitement qui fonctionne bien, le moral, les contacts vers l'extérieur. Et depuis un mois, le silence, plus de nouvelles.
Il y a eu cet appel au don de moelle osseuse reçu sur Twitter il y a quelques jours auquel j'ai répondu dans la seconde, un sms que je lui envoie pour l'en informer et lui dire que je crois à fond au prochain donneur pour elle.
C'était il y a deux jours.
Ce soir, devant mon ordi, en lisant les messages sur Twitter, j'apprends que Manu Claret est décédée ce matin. Stupeur, choc, colère.
La petite Manu, toujours souriante, optimiste, pleine de vitalité, douée pour le sport, avec des qualités physiques incroyables, des qualités humaines magnifiques, généreuse, gentille. Je n'arrive pas à imaginer qu'elle n'est plus. Que tout s'est arrêté, que la vie l'a laissée tomber.
Je revois clairement toutes ces années où nous nous sommes côtoyées en équipe de France d'abord en ski de fond puis en biathlon. Manu et son accent de Gap, ses yeux bleus superbes et son sourire éblouissant, toujours. A l'époque, j'enviais son corps mince et musclé, moi qui étais (déjà) ronde. Mais jamais elle n'a été distante avec nous autres, la vantardise et la méchanceté lui étaient étrangères. Et son dévouement, sa capacité à toujours rendre service étaient ses principaux traits de caractère.
Avec elle on s'amusait, on riait, on écoutait beaucoup de musique, on prenait la vie du bon côté. Elle devenait attachante rapidement.
Quand elle nous a retrouvé en biathlon, elle nous a époustouflé par sa maturité et sa capacité à apprendre vite. Elle aussi s'est trouvé un second souffle en pratiquant cette discipline et en y gagnant les titres qu'elle méritait. Je regrette qu'elle n'ait pas pu concrétiser un titre olympique.
Je regrette aussi que sa fin de carrière se soit faite en catimini, en queue de poisson, bien involontairement d'ailleurs puisque les sélections l'ont écarté des courses de fin de saison et qu'elle n'avait pas pu en profiter jusqu'au bout.
Ne l'ayant pas revue depuis, je la savais heureuse avec un homme qui l'aimait et 2 beaux enfants.
Je suis en colère oui, devant la rapidité de l'évolution de sa maladie et son issue fatale, injuste, brutale.
Je pense à sa famille, ses enfants, je pense à elle et même s'il paraît que là où elle est, elle ne souffre plus, elle laisse un grand vide dans notre petit monde.
Bisous Manu.

samedi 13 avril 2013
De Retord en VERCORS
Sur l'idée de Pierre Jullien, professeur d'EPS et en charge de la section ski du collège d'Hauteville, les skieurs de la classe de 3ème sont partis faire une petite rando de deux jours dans le Vercors. Yoan (un autre prof) et moi les avons accompagnés.

L'itinéraire, 1ère étape:

Départ du col du Rousset, passage au pas des Econdus, puis montée pour faire le tour du grand cirque, passage à main gauche direction sud du sommet de Tourte Barreau, col du Pison puis traversée du plateau jusqu'au refuge de Charmaillou (1630 m.)

2ème étape:
Retour sur le plateau et traversée avec le Grand Veymont (2341m) en point de mire, montée raide jusqu'au sommet du plateau à 1900m et descente par le pas de Chattons. Retour par les Econdus.
Les couleurs du levant à 7h

Le matériel:

Traîneaux fabriqués maison avec de vieux skis alpins en guise de patins, une structure en alu et acier, un plateau léger percé de trous tout autour dans lesquels faire passer l'élastique pour serrer le chargement. 2 barres en alus devant rendues fixes par une planchette. Une ceinture large type "Gymnova" à laquelle on fixe les 2 barres par de petits mousquetons.

Et pour aider celui qui tire le traîneau, une cordelette est fixée aux deux barres et reliée par un mousqueton à la ceinture d'un autre skieur devant. Si bien que le traîneau dans les montées raides est tiré par 2 personnes, efficace.
Skis de rando nordique et peaux de phoque. Petit sac à dos pour la journée. Le reste du matériel et nourriture sur le traîneau.
Le milieu naturel:
Réserve naturelle du Vercors, un endroit que je ne connaissais pas et qui m'a séduit immédiatement. Le départ au col du Rousset n'est pas super beau, pentes vierges de végétation et battues par les vents, forêt de hêtre sur les versants nord, ça ressemble un peu à notre plateau de Retord.

Puis dès qu'on monte sur le haut plateau et qu'on aborde les pentes est et sud, le paysage change, on trouve des pins maritimes, un terrain vallonné adouci par la couche épaisse de neige, 2m par endroits! C'est magnifique avec des airs de Norvège.

Les cîmes environnantes sont impressionnantes, le Grand Veymont culmine à 2341m! Et surtout le Mont Aiguille, colonne de calcaire surmontée d'un toit papillon prêt à s'envoler!
C'est la 1ère montagne de France à avoir été escaladée au 17ème siècle grâce à des échelles!
Les étapes :
Le 1er jour sous le soleil, nous nous sommes arrêtés en plein air pour pique-niquer.

Le soir, le refuge nous a accueilli mais la propreté laissait à désirer! A la bonne franquette...

Le poêle ne tirait pas, c'est à peine s'il a chauffé notre antre.
Le lendemain, vent d'est très frais, ciel chargé le matin, pas très envie de manger dehors. Et au détour d'une bergerie, un coin pique-nique sympa!

Il y avait aussi un autre refuge sur le haut-plateau mais difficile d'y accéder!

Vue depuis le toit...
Le deuxième jour, on arrivait vraiment à bien maîtriser nos traineaux dans les descentes et dès qu'on en voyait une, on fonçait! On a fait une descente fantastique au pied du Grand Veymont, slalom entre les pins avec le semi-remorque derrière, sans les peaux sous les skis, la liberté!

J'avais à peine fait 10 pas avec mon traîneau derrière que ça m'a plu. Tout de suite, je me suis vue dans le grand Nord scandinave et plus tard sur la banquise au pôle Nord. Ça me plairait tellement de faire un raid de quelques semaines avec ce type de traîneau, à plusieurs en s'arrêtant dans les refuges sauvages non gardés le soir, de préférence au delà du cercle polaire, en Laponie par exemple! L'effort est tout de même rude.

J'ai traîné mon chargement sur les deux jours en continu car mon coéquipier avait mal au dos. Mais dans le reste des binômes, ils se relayaient dans la journée. Il faut dire qu'au plus haut de notre périple, après une ascension très raide de presque une heure, ça tirait fort derrière les jambes.

Toute l'équipe ravie à la fin de la rando. Je pense que ça a été une belle aventure pour eux, l'occasion de se débrouiller pour faire à manger, gérer ses affaires, serrer les dents quand c'est dur, se serrer les coudes quand ce sont les autres qui craquent, adopter les bons gestes en pleine nature (toilettes respectueuses, eau de source, déchets) et orientation. Restent les images magnifiques et les souvenirs impérissables. A refaire !!!
L'itinéraire, 1ère étape:
Départ du col du Rousset, passage au pas des Econdus, puis montée pour faire le tour du grand cirque, passage à main gauche direction sud du sommet de Tourte Barreau, col du Pison puis traversée du plateau jusqu'au refuge de Charmaillou (1630 m.)
2ème étape:
Retour sur le plateau et traversée avec le Grand Veymont (2341m) en point de mire, montée raide jusqu'au sommet du plateau à 1900m et descente par le pas de Chattons. Retour par les Econdus.
Les couleurs du levant à 7h
Le matériel:
Traîneaux fabriqués maison avec de vieux skis alpins en guise de patins, une structure en alu et acier, un plateau léger percé de trous tout autour dans lesquels faire passer l'élastique pour serrer le chargement. 2 barres en alus devant rendues fixes par une planchette. Une ceinture large type "Gymnova" à laquelle on fixe les 2 barres par de petits mousquetons.
Et pour aider celui qui tire le traîneau, une cordelette est fixée aux deux barres et reliée par un mousqueton à la ceinture d'un autre skieur devant. Si bien que le traîneau dans les montées raides est tiré par 2 personnes, efficace.
Skis de rando nordique et peaux de phoque. Petit sac à dos pour la journée. Le reste du matériel et nourriture sur le traîneau.
Le milieu naturel:
Réserve naturelle du Vercors, un endroit que je ne connaissais pas et qui m'a séduit immédiatement. Le départ au col du Rousset n'est pas super beau, pentes vierges de végétation et battues par les vents, forêt de hêtre sur les versants nord, ça ressemble un peu à notre plateau de Retord.
Puis dès qu'on monte sur le haut plateau et qu'on aborde les pentes est et sud, le paysage change, on trouve des pins maritimes, un terrain vallonné adouci par la couche épaisse de neige, 2m par endroits! C'est magnifique avec des airs de Norvège.
Les cîmes environnantes sont impressionnantes, le Grand Veymont culmine à 2341m! Et surtout le Mont Aiguille, colonne de calcaire surmontée d'un toit papillon prêt à s'envoler!
C'est la 1ère montagne de France à avoir été escaladée au 17ème siècle grâce à des échelles!
Les étapes :
Le 1er jour sous le soleil, nous nous sommes arrêtés en plein air pour pique-niquer.
Le soir, le refuge nous a accueilli mais la propreté laissait à désirer! A la bonne franquette...
Le poêle ne tirait pas, c'est à peine s'il a chauffé notre antre.
Le lendemain, vent d'est très frais, ciel chargé le matin, pas très envie de manger dehors. Et au détour d'une bergerie, un coin pique-nique sympa!
Il y avait aussi un autre refuge sur le haut-plateau mais difficile d'y accéder!
Vue depuis le toit...
Le deuxième jour, on arrivait vraiment à bien maîtriser nos traineaux dans les descentes et dès qu'on en voyait une, on fonçait! On a fait une descente fantastique au pied du Grand Veymont, slalom entre les pins avec le semi-remorque derrière, sans les peaux sous les skis, la liberté!
J'avais à peine fait 10 pas avec mon traîneau derrière que ça m'a plu. Tout de suite, je me suis vue dans le grand Nord scandinave et plus tard sur la banquise au pôle Nord. Ça me plairait tellement de faire un raid de quelques semaines avec ce type de traîneau, à plusieurs en s'arrêtant dans les refuges sauvages non gardés le soir, de préférence au delà du cercle polaire, en Laponie par exemple! L'effort est tout de même rude.
J'ai traîné mon chargement sur les deux jours en continu car mon coéquipier avait mal au dos. Mais dans le reste des binômes, ils se relayaient dans la journée. Il faut dire qu'au plus haut de notre périple, après une ascension très raide de presque une heure, ça tirait fort derrière les jambes.
Toute l'équipe ravie à la fin de la rando. Je pense que ça a été une belle aventure pour eux, l'occasion de se débrouiller pour faire à manger, gérer ses affaires, serrer les dents quand c'est dur, se serrer les coudes quand ce sont les autres qui craquent, adopter les bons gestes en pleine nature (toilettes respectueuses, eau de source, déchets) et orientation. Restent les images magnifiques et les souvenirs impérissables. A refaire !!!
vendredi 22 mars 2013
PLATEAU DE RETORD
Je vais vous vendre du rêve!
Ce matin 22 mars à 10h, sur le plateau de Retord, 5°, petit vent d'est, soleil éclatant.


Même si les pêcheurs s'animent au bord des rivières, la neige est très abondante à 1000m. La preuve: à Giron le mercredi 13 mars, 1m10 à la jauge de la maison forestière. Et ce mercredi 20 mars : 1m40!! Les plaines et les combes ont une couche de glaçage vierge et immaculé.

Je vous montre les photos pour vous convaincre qu'ici, l'hiver est bien loin d'être terminé!
Les sous-bois tiennent la fraîcheur et on ne voit pas encore le pied des sapins.

Peu de monde sur les pistes mais tout est tracé ! Sur le plateau de Retord, aux Solives par exemple, voyez comme la couche est épaisse aux abords de la source du Séran.

Nous sommes dans un hiver exceptionnel. A cette époque, d'habitude, il y a des traces de terre et quelques cailloux affleurent. Rien de tout cela à ce jour. Le vent d'est et celui du Nord parfois, entretiennent la pérennité de cet enneigement. Tous les départs de pistes sont impeccables, le traçage idem.

Certes, nous manquons de soleil mais c'est le prix à payer pour pouvoir skier encore 1 mois, allez 15 jours sans problèmes! Voilà ce qui arrive quand on skie sans lunettes !!

AAAHHH ! Ça va mieux !

Au niveau de la Grange à Lucien, vue magnifique sur le massif du Monte Bianco. On (peut éventuellement)apercevoir derrière les pics, les nuages venant de l'Italie signe que sur les Alpes, c'est le Foehn qui souffle.

Sous le crêt du Nu, sur les versants nord, la neige est encore molle. Ce matin, le hors piste n'était possible que sur les versants est et sud qui ont eu le temps d'être chauffés puis gelés et où les skis ne s'enfoncent pas. Par contre, soyez légers sur la poussée de bâtons!

Il y a encore peu de traces en hors-piste mais on attend tous que la neige se transforme et gèle un bon coup la nuit pour se faire des traversées du Plateau à perdre haleine! Et surtout à en prendre plein les yeux tellement c'est beau !


Cette année, la station des Plans d'Hotonnes fête ses 50 ans. Ci dessus une image de 2013. Ci-dessous, la même image mais en 1962... On s'y tromperait...


La station et ses pistes d'alpin vue depuis les Tours.

Et n'oubliez pas, pour faire du bien à votre peau, un bon masque à la neige, rien de tel pour effacer les rides... (J'en ai pas besoin... )

De la même façon qu'on mange des fruits et des légumes de saison, faisons du sport de saison. Il reste 1m de neige sur le plateau? Skiez !!
Ce matin 22 mars à 10h, sur le plateau de Retord, 5°, petit vent d'est, soleil éclatant.
Même si les pêcheurs s'animent au bord des rivières, la neige est très abondante à 1000m. La preuve: à Giron le mercredi 13 mars, 1m10 à la jauge de la maison forestière. Et ce mercredi 20 mars : 1m40!! Les plaines et les combes ont une couche de glaçage vierge et immaculé.
Je vous montre les photos pour vous convaincre qu'ici, l'hiver est bien loin d'être terminé!
Les sous-bois tiennent la fraîcheur et on ne voit pas encore le pied des sapins.
Peu de monde sur les pistes mais tout est tracé ! Sur le plateau de Retord, aux Solives par exemple, voyez comme la couche est épaisse aux abords de la source du Séran.
Nous sommes dans un hiver exceptionnel. A cette époque, d'habitude, il y a des traces de terre et quelques cailloux affleurent. Rien de tout cela à ce jour. Le vent d'est et celui du Nord parfois, entretiennent la pérennité de cet enneigement. Tous les départs de pistes sont impeccables, le traçage idem.
Certes, nous manquons de soleil mais c'est le prix à payer pour pouvoir skier encore 1 mois, allez 15 jours sans problèmes! Voilà ce qui arrive quand on skie sans lunettes !!
AAAHHH ! Ça va mieux !
Au niveau de la Grange à Lucien, vue magnifique sur le massif du Monte Bianco. On (peut éventuellement)apercevoir derrière les pics, les nuages venant de l'Italie signe que sur les Alpes, c'est le Foehn qui souffle.
Sous le crêt du Nu, sur les versants nord, la neige est encore molle. Ce matin, le hors piste n'était possible que sur les versants est et sud qui ont eu le temps d'être chauffés puis gelés et où les skis ne s'enfoncent pas. Par contre, soyez légers sur la poussée de bâtons!
Il y a encore peu de traces en hors-piste mais on attend tous que la neige se transforme et gèle un bon coup la nuit pour se faire des traversées du Plateau à perdre haleine! Et surtout à en prendre plein les yeux tellement c'est beau !
Cette année, la station des Plans d'Hotonnes fête ses 50 ans. Ci dessus une image de 2013. Ci-dessous, la même image mais en 1962... On s'y tromperait...
La station et ses pistes d'alpin vue depuis les Tours.
Et n'oubliez pas, pour faire du bien à votre peau, un bon masque à la neige, rien de tel pour effacer les rides... (J'en ai pas besoin... )
De la même façon qu'on mange des fruits et des légumes de saison, faisons du sport de saison. Il reste 1m de neige sur le plateau? Skiez !!
jeudi 14 février 2013
UNE PETITE ETOILE
Une petite étoile est montée au firmament la semaine dernière. Une petite étoile ajoutée au ciel, une autre façon de dire qu'une jeune fille n'a pas survécu au cancer.
Elle a été la voisine de lit de Leyla l'an dernier en novembre quand ma fille était au plus mal. Discrète, douce, fine, elle avait versé des larmes de joie à l'annonce de sa dernière chimio. On était heureuses pour elle. Leyla et elle se donnaient des nouvelles par Facebook. C'était plutôt rassurant.
Nous l'avons croisée la dernière fois en mai à l'hôpital lors de la visite de "routine" avec radio. Elle était encore plus mince que 6 mois auparavant, paraissait fragile. Nous avons échangé quelques mots avant qu'elle soit appelée avec sa famille pour voir le docteur. Elle disait qu'elle n'arrivait pas à reprendre le sport alors qu'elle en avait une envie folle. Leyla pour sa part était en rémission et reprenait le sport. Nous l'avons encouragée à s'accrocher pour bien récupérer puis elle s'est levée.
Une heure plus tard, après avoir salué des connaissances dans l'hôpital, nous sommes passés devant les salles où les docteurs parlent en privé à leurs patients. Là où ils annoncent les mauvaises nouvelles en général. Et nous l'avons vue en pleurs devant la porte, son père décontenancé. Rapidement il m'a dit que c'était une rechute...
C'était reparti pour la maladie, les chimios, les opérations. Ça nous a fait de la peine.
J'ai ressenti ce décalage entre eux et nous: entre la rémission, la vie devant soi et la rechute, l'angoisse, les questionnements, les mauvais moments. J'avais l'impression que nous marchions dans le soleil et qu'ils venaient d'entrer dans l'ombre. Je voulais les entraîner avec nous dans la lumière.
Et puis nous sommes restés de longs mois avec de rares nouvelles.
Et dimanche dernier, en rentrant d'un week end de compétition, Leyla m'annonce de but en blanc que cette petite venait de mourir. Elle avait vu une déclaration de sa famille sur son compte Facebook. J'ai éclaté en sanglots. Quelle injustice! Cette petite si jolie, si jeune!! Vaincue par le cancer. Un sarcome de Ewing je crois, une saloperie. Encore à l'heure d'écrire ces mots, j'ai la gorge nouée.
Leyla a rencontré d'autres jeunes filles comme voisines de lit, nous avons de leurs nouvelles de temps en temps, des nouvelles rassurantes. Mais je pensais beaucoup à cette jeune fille, si calme, qui ne disait pas grand-chose, avec un visage me rappelant celui de l'actrice Rachel MacAdams. Je lui envoyais des pensées réconfortantes, espérant que les pensées voyageaient vraiment d'une personne à l'autre. Mais il y a hélas des choses plus fortes que l'espérance et l'optimisme, plus tenaces que l'innocence et la vie. Hélas.
Toujours avec l'espoir que mes pensées savent voyager encore et ne sont pas découragées, qu'elles volent vers ses parents, sa famille pour qu'ils sachent que je garde le souvenir de leur enfant avec émotion et chaleur.
Et toi petite Audrey, débarrassée des douleurs, de la maladie, de la peur, je te regarderai briller, dans la paix.
Elle a été la voisine de lit de Leyla l'an dernier en novembre quand ma fille était au plus mal. Discrète, douce, fine, elle avait versé des larmes de joie à l'annonce de sa dernière chimio. On était heureuses pour elle. Leyla et elle se donnaient des nouvelles par Facebook. C'était plutôt rassurant.
Nous l'avons croisée la dernière fois en mai à l'hôpital lors de la visite de "routine" avec radio. Elle était encore plus mince que 6 mois auparavant, paraissait fragile. Nous avons échangé quelques mots avant qu'elle soit appelée avec sa famille pour voir le docteur. Elle disait qu'elle n'arrivait pas à reprendre le sport alors qu'elle en avait une envie folle. Leyla pour sa part était en rémission et reprenait le sport. Nous l'avons encouragée à s'accrocher pour bien récupérer puis elle s'est levée.
Une heure plus tard, après avoir salué des connaissances dans l'hôpital, nous sommes passés devant les salles où les docteurs parlent en privé à leurs patients. Là où ils annoncent les mauvaises nouvelles en général. Et nous l'avons vue en pleurs devant la porte, son père décontenancé. Rapidement il m'a dit que c'était une rechute...
C'était reparti pour la maladie, les chimios, les opérations. Ça nous a fait de la peine.
J'ai ressenti ce décalage entre eux et nous: entre la rémission, la vie devant soi et la rechute, l'angoisse, les questionnements, les mauvais moments. J'avais l'impression que nous marchions dans le soleil et qu'ils venaient d'entrer dans l'ombre. Je voulais les entraîner avec nous dans la lumière.
Et puis nous sommes restés de longs mois avec de rares nouvelles.
Et dimanche dernier, en rentrant d'un week end de compétition, Leyla m'annonce de but en blanc que cette petite venait de mourir. Elle avait vu une déclaration de sa famille sur son compte Facebook. J'ai éclaté en sanglots. Quelle injustice! Cette petite si jolie, si jeune!! Vaincue par le cancer. Un sarcome de Ewing je crois, une saloperie. Encore à l'heure d'écrire ces mots, j'ai la gorge nouée.
Leyla a rencontré d'autres jeunes filles comme voisines de lit, nous avons de leurs nouvelles de temps en temps, des nouvelles rassurantes. Mais je pensais beaucoup à cette jeune fille, si calme, qui ne disait pas grand-chose, avec un visage me rappelant celui de l'actrice Rachel MacAdams. Je lui envoyais des pensées réconfortantes, espérant que les pensées voyageaient vraiment d'une personne à l'autre. Mais il y a hélas des choses plus fortes que l'espérance et l'optimisme, plus tenaces que l'innocence et la vie. Hélas.
Toujours avec l'espoir que mes pensées savent voyager encore et ne sont pas découragées, qu'elles volent vers ses parents, sa famille pour qu'ils sachent que je garde le souvenir de leur enfant avec émotion et chaleur.
Et toi petite Audrey, débarrassée des douleurs, de la maladie, de la peur, je te regarderai briller, dans la paix.
mardi 4 décembre 2012
HEJ HEJ! VILKOMMEN i NORGE!
Avant que la neige ne recouvre tout, quelques petits souvenirs à partager au soleil de l'été. En août, nos pas nous ont guidés (comme par magie, c'est fou!) en Norvège!
Je connais ce pays pour y être allée tant de fois skier depuis l'année 1985. Dès le départ, ça a été le coup de foudre! Ce pays râpeux, rocailleux, âpre et sauvage m'a envoûtée. Il faut aller le chercher pour le trouver, parcourir ses déserts blancs en ski hors pistes, traverser ses lacs qu'on croit gelés et qui, soudain quand on se retrouve au beau milieu, craquent! Briser la glace pour connaître ses habitants, oublier toute forme de coquetterie pour s'y retrouver à l'état naturel, brut.
Je connaissais mais mes enfants en connaissaient pas. Une bonne occasion de les y emmener! Et dès que je parle voyage, ils sautent de joie!
Sur place, j'ai retrouvé des amis chers dont certains que je n'avais pas revus depuis...
Yvette nous a chaleureusement accueillis à Lillehammer. Grâce à cette française installée dans cette ville depuis 42 ans, j'ai été tenue au courant de toutes les choses qu'il faut savoir sur la Norvège avec son ton propre d'expatriée, sa façon française de voir les choses, un peu comme moi.
Lillehammer est la 1ère ville norvégienne chère à mon coeur. C'est là que j'ai fait mes premiers pas en ski sur le sol nordique à Nordsetter. Puis, j'y ai gagné une des médailles qui a fait ma carrière. Et à l'occasion de cette ultime visite, j'ai emmené mes enfants au musée olympique où j'ai retrouvé Haakon et Kristina.
Les Jeux Olympiques de Lillehammer (94) méritent un sujet à eux seuls mais à l'époque les photos étaient des tirages papier et il est difficile d'illustrer le sujet sur un blog actuel. C'étaient les jeux du nordique au pays du ski de fond, un rêve!! Je vous raconterai, promis!!!
La photo de cette jolie fille en train de tirer (...) c'est moi! Ouah! Calmons-nous... Je suis au tir debout pendant le relais, je fais faire un sans-faute et repartir en seconde position car les russes sont assez loin devant. Mais remettons les choses en perspective: il faisait -18° depuis 2 semaines, nous étions là depuis autant de temps et bien acclimatés au froid. Néanmoins, les 3 couches en haut et 2 en bas étaient de rigueur! Mais pour ajouter un niveau de difficulté (oui, je suis du genre à ne pas faire les choses simplement...) j'avais attrappé une bronchite en arrivant qui ne m'a pas quitté durant tout le séjour malgré les antiobiotiques faiseurs d'hémorroïdes et les sirops contre la toux inefficaces!! (très glamour, n'est-ce pas?) Cela ne m'a pas empêché (ben non voyons!) de courir le 15km en terminant 11ème avec un tir à 19/20. Et le relais où nous allons remporter la médaille de bronze. Ma forme était du coup limitée mais je dois avouer que, de ma vie, je ne me suis peut-être jamais autant sorti les tripes que sur cette course. Les photos en attestent qui me montrent grimaçante. Mais je suis contente de cette tête car elle témoigne de ma rage à y arriver, à aller chercher cette médaille dont j'avais tant rêvé. Et en équipe, c'est encore plus beau!
En août, c'était l'été et nous avons pu profiter de la nature prolifique et simple et tellement belle de ce pays magnifique! Notre autre ami français, Pierre, nous a emmené près de ce lac où nous nous sommes baignés. La vue de cette étendue d'eau calme, pure, bleue, brillante aux rayons du soleil, nous a séduit. Et même plus que cela mais c'est difficilement exprimable.
Quand nous nous sommes glissés dans cette eau fraîche et tonique, ce fut un ravissement. Moi qui n'aime pas spécialement l'eau, j'aurai pu nager des heures. Mais faut pas non plus exagérer... Nous nous sommes sentis comme dans un rêve, véritablement. Et je ne remercierai jamais assez Pierre de nous avoir fait découvrir ce coin de paradis.
N'est-ce pas? Oh, comme les enfants et moi on aimerait avoir une petite maison en bois au bord de ce lac!!!
Avec Brita, la femme de Pierre, nous avons fait une jolie ballade en forêt sur les pistes de ski et là aussi, ça a été un ravissement. On a vu nombre de traces d'élans, des myrtilles à profusion et des framboises arctiques! Des petites framboises de couleur orange quand elles sont mûres poussant sur un petit pied, à un fruit par pied. Elles ont un goût très particulier qui se nourrit de la tourbe et de la mousse dans laquelle elles aiment pousser. Au début de la marche, on évitait les endroits humides. Mais il est impossible de sortir d'une marche les pieds secs. Si bien qu'au bout d'un quart d'heure, on avait les pieds trempés et qu'on y allait allègrement dans les flaques, les tourbières et le lac. On a déjeûné au bord du lac en faisant griller des saucisses sur un barbecue portable (une idée à développer chez nous...)
Egor s'est même baigné courageusement!
Nous sommes allés en train au bord du fjord à Andalsnes (il y a un ° sur le premier A!) La voie ferrée (Raumabanen) passe par Bjorli, d'où est originaire Tina Berger, la biathlète norvégienne gagnant tout en ce moment. A cet endroit culminant à 800m je crois, il y avait encore des plaques de neige!
Nous avons vu le TrollVegen, une face verticale de 1000m et après des virages malins permettant au train de perdre de l'altitude rapidement en empruntant une pente douce, nous sommes arrivés à Andalsnes, petit village côtier où nous avons dormi chez l'habitant. C'était adorable. Mais je vous mettrai d'autres photos.
Enfin, à Oslo, la capitale que je préfère au monde (devant Paris, oui!) et qui a beaucoup changé depuis une vingtaine d'année, nous avons profité d'un temps magnifique pour visiter la ville. J'ai emmené les enfants au musée du FRAM qui, lui aussi, a changé son exposition depuis les années 90 et nous avons suivi les aventures de Amundsen au pôle sud, foulé le bateau FRAM et pris cette photo où nous avons joué le rôle de l'aventurier des pôles.
Et nous avons terminé par la cerise sur le gâteau, le nouveau tremplin au sommet de la colline Holmenkollen. La légende, la mecque du ski.
Nous aimerions revenir dans le pays l'hiver. Et pourquoi ne pas y rester?
dimanche 2 décembre 2012
FEMINOPHILIE
Carla Bruni qui s'aime et se revendique en "bourgeoise", en réponse quelques femmes se disant feministes qui twittent rageusement. Mais qui dénonce les pubs sexistes saturant nos télévisions, magazines et radios? Amies féministes et défenseuses des droits des femmes, recentrez vos actes, vos paroles, vos revendications et cessez de faire du buzz avec du rien.
Vous souvenez-vous de cette publicité où l'on voyait un couple se préparer pour un dîner chez des amis, l'homme attendait sa femme dans le couloir et on la voyait arriver en contrejour, nue, habillée seulement de ses lunettes?
J'avais écrit à un forum féministe pour dénoncer cette publicité que je trouvais non seulement choquante mais malsaine, avec des relents pervers. Ils auraient pu dire que le couple se rendait à une soirée échangiste, ça aurait recadré l'image! Mais qu'est-ce qui justifiait que la femme se rende nue à leur rendez-vous, même habillée de ses seules lunettes?
Et bien j'ai reçu la réponse suivante: madame, nous avons déjà été interpellés par des téléspectateurs au sujet de cette publicité et notre service juridique estime qu'il n'y a pas lieu de faire tant de bruit pour rien... (je résume)
Et bien, pour quoi devons-nous faire du bruit?
Moquer les femmes, les blondes dans d'absurdes blagues en public, à la télé ou à la radio n'expose à aucune sanction, beaucoup de monde le fait en toute impunité. En revanche faire la même chose à propos des juifs, des noirs ou de Mohammet expose à de graves sanctions.
Je regardais un documentaire sur de futurs pilotes de chasse et au moment où une commandant de l'armée de l'air, instructrice entre en scène, voici le commentaire que j'ai entendu: " le lieutenant Machine Truc, instructrice et néanmoins très compétente pour ce poste..." Ai-je entendu ce commentaire quand il a présenté le commandant Trucmuche, instructeur? Non.
Toutes ces petites choses entendues dans le quotidien et très peu relevées par nous autres, femmes, s'accumulent et ne plaident pas en notre faveur, tant que nous ne dirons rien, que nous baisserons les yeux, que nous laisserons filer. Qui ne dit mot consent, n'est-ce pas?
Le combat pour les droits des femmes a changé de domaine et rien n'est pourtant acquis! Je prends le parti de parler, quand je repère des paroles, des actes féminophobes (ou sexiste si vous voulez...) je le fais remarquer à ma fille pour la sensibiliser. Et à mon fils également.
Mais je suis loin d'être parfaite. Je me suis surprise un jour à dire à mon fils :"arrête de pleurer comme une fille!" ou à des jeunes sportifs: "vous faites vos pompes comme une fille!". Après coup, j'ai été choquée d'avoir dit ça, mes paroles résonnant si bizarrement à mes oreilles! Et honteuse de rabaisser, par des jugements sexistes et ayant la vie dure, mes soeurs de genre.
Je m'applique désormais à ne plus le faire, à souligner ce que mes filles sportives font et que les garçons ne font pas, à corriger les remarques désobligeantes des garçons envers les filles et à encourager les filles à ne pas se laisser faire face aux petits machos jalonnant les terrains de sport de toutes sortes.
Qu'on vienne me dire ensuite que les garçons souffrent de la nouvelle attitude dominante des femmes me fait rire. Ils se conduisent comme des petits garçons se plaignant auprès de leur mère et non pas comme des hommes considérant les femmes comme des êtres indépendants capables de se conduire de façons différentes, tout comme eux!
En sport, j'ai été confrontée à des remarques fatalistes de certaines filles considérant qu'il était normal pour elles de toucher moins que leurs homologues masculins à la fin d'une course car elles avaient fait moins de kilomètres. Ca me faisait bondir! Et l'investissement humain, chez qui est-il le plus important? Quand une femme choisit de retarder son désir de vie de famille pour une carrière bien menée, cela n'est-il pas un investissement important, un sacrifice? Un homme peut avoir une vie de famille très rapidement, il lui suffit de ne pas épouser une sportive! Heureusement aujourd'hui, les filles sont tout à fait décomplexées au sujet de la maternité et nombre d'entres elles n'hésitent plus à s'arrêter un an le temps de faire un enfant puis reviennent à la compétition avec un moral d'acier, des priorités recentrées, une motivation décuplée. Les entraineurs, dans leur très grande majorité des hommes, ont, enfin, constatés que la maternité n'enlevait rien aux qualités de leurs sportives. Car il faut rappeler qu'il y a 20 ans, on prenait plus au sérieux les filles relevant de blessure que relevant de couches. Bien que, dans le deuxième cas, le retour était plus sûrement couronné de succès que dans le premier cas...
Et pour ce qui concerne les primes de courses, une femme qui gagne une longue distance de 50km, devrait gagner autant que l'homme gagnant le 50km. Cela se fait sur certaines compétitions mais hélas pas sur toutes. La gagnante s'est autant investie physiquement, moralement, financièrement que le gagnant, elle aussi a engrangé les heures d'entrainement tout au long de l'année, elle aussi a fait le tour des sponsors, elle aussi a mis la main à la poche pour des skis, des lunettes, des voyages, des stages. Et plutôt que de demander des factures, des justificatifs d'investissement personnel, puisqu'on sait que femme ou homme, les sportifs s'investissent dans la même proportion alors décidons une bonne fois pour toutes, pour toutes! d'égaliser les primes de courses. Non pas au nom d'une égalité de force (illusoire) mais au nom d'une égalité d'engagement personnel.
mercredi 21 novembre 2012
PAS D'EAU DANS LE GAZ!
A force de marquages au sol sauvages: "Non aux forages! Eau en danger!" ceux qui passent sur nos routes du Valromey auront compris que quelque chose se trame sous nos pieds.
Il y a quelques mois, décision a été prise de ne pas laisser les compagnies pétrolières forer où elles en avaient acquis le droit, que ce soit dans le sud de la France ou chez nous. Je sais que Annecy, Frangy sont concernés en haute Savoie, le Jura près de la combe à la chèvre, le pays de Gex, le haut Valromey pour ne citer que les locaux.
Mais ne nous réjouissons pas trop vite. Avec la pression que nous met le gouvernement sur les efforts à faire en temps de crise, avec la peur qui fond sur nous via les médias et leurs sujets racoleurs et anxiogènes, avec les perspectives négatives et pessimistes barrant notre horizon, des solutions vite-fait-bien-fait vont finir par s'imposer comme l'idée de forer notre sous-sol pour y puiser quelques tonnes de richesse éphémère.
J'ai la chance d'habiter une région sauvage, assez méconnue et pourtant aimée des touristes ( et de ceux qui l'habitent). Et ce qui nous paraît être une chance, un environnement calme, propre, de qualité apparaît à d'autres comme le champ libre à des expérimentations nauséeuses. Et les forages à fracturation hydraulique pour le gaz et les huiles de schistes en font partie, désormais. Les Etats-Unis, ce grand et beau pays est touché, des régions sauvages où peut-être aucun homme n'avait mis les pieds sont souillées de ces travaux. Si eux ne montrent pas l'exemple, qui le fera?
Encore une fois, il faudra compter sur les David se levant contre les Goliaths, à force de sitting silencieux et obstinés, de marches de la paix, d'actes de sabotages et de recours en justice.
Je n'arrive pas à cerner ce qui se passe dans la tête de nos décideurs au moment de prendre la décision de permettre les forages ou non. Ils sont en stand-bye mais pour combien de temps? On voit là miroiter des ressources pour la France, made in France le temps de tenir une dizaine d'années. Et ensuite? Se posent-ils seulement la question du: "et ensuite?" Je pense que non car en politique, le "et ensuite" se pose au moment où il faut toucher ses retraites cumulées de sénateur-député-maire, où il faut toucher les subsides des droits d'auteur de livres écrits sous leur nom par des nègres la plupart du temps. Mais il n'y a plus personne quand il faut rendre des comptes pour des décisions concernant l'amiante, le sang contaminé, le médiator. Et d'autres affaires feront bientôt la une des journaux grâce aux pesticides, fongicides, produits phytosanitaires agricoles made in "multinationale chimique..." Des politiques devront rendre des comptes de leurs décisions dictées le plus souvent par des cabinets d'experts, des bureaux d'étude financés par les pollueurs et qui leur ont rapporté de quoi se payer un bateau.
Et ensuite?
Laura Weis, auteur d'un rapport sur les agissements en sous-terrain des grandes compagnies pétrolières dit qu': "Il y a un lobbying intensif du Parlement européen et de la Commission, des rapports d’expertise financés par l’industrie, des publicités et des sites internet conçus afin de prouver que les gaz de schiste ne constituent pas une menace pour l’environnement ou pour la santé publique et de promouvoir l’illusion d’une nouvelle source de carburant écologique."
Cependant ce rapport montre que le développement des gaz de schiste menace le développement des énergies renouvelables – et risque d’enfermer l’Union européenne dans un avenir de combustibles fossiles.
L’auteur du rapport affirme encore:
« Les grands acteurs de l’industrie pétrolière et gazière tentent de façonner les gaz de schiste comme une source de carburant respectueux de l’environnement, et ont attiré les eurodéputés avec des repas et autres cocktails pour les convaincre de ses avantages. Ils ont déjà investi des millions d’euros dans des opérations de lobbying à Bruxelles pour tenter d’induire en erreur les décideurs publiques et lutter contre toute forme de réglementation nécessaire à la protection de l’environnement et de la santé publique." (source du collectif "stop gaz de schiste, Rhône-Alpes Nord") Je n'ai pas envie que ma vallée devienne un no mans land où toute vie sera impossible du fait de l'eau impropre, des odeurs pestilentielles. Je ne veux pas qu'elle devienne plus tard un réservoir pour y enfouir leurs déchets nucléaires et toxiques car vidée de sa population et livrée à leurs desseins hypocrites sans limites.
A moins que... A moins qu'un irréductible village gaulois s'opposant à la loi de Rome... heu pardon, à la loi française ne leur en fasse voir de toutes les couleurs en balançant des menhirs, en foutant des baffes aux CRS et en fêtant cela dans la bonne humeur.
Restons vigilants! Ce qui me rassure c'est que les réseaux locaux fonctionnent très bien chez nous, les AMAP, les collectifs, les pétitions. Sur le site "stop gaz de schiste" vous pouvez voir les photos des camions blancs préposés au pré-forage qu'il faut immédiatement signaler quand il y en a un qui se ballade chez vous.
Arrêtons de dire "c'est pas nous qu'on décide, on peut rien y faire, bon dieu...!"
On peut y faire quelque chose, en parler, se faire un avis sur la question, se documenter, se tenir au courant des décisions et ensuite, agir. Car il faudra agir. On ne fera rien pour nous, en haut. Ou si peu. Nous sommes les seuls acteurs de nos vies et la pérennité de notre environnement passe par nos actions groupées.
samedi 10 novembre 2012
SI LOIN SI PROCHE
Il y a 14 mois, Leyla était hospitalisée pour qu'on lui installe un PAC (boitier sous-cutané permettant les piqûres sans abîmer les veines du bras) et le jour même de l'opération, elle recevait sa première chimio. J'avais la nausée, la peur au ventre, j'avais craqué en appelant mon frère au téléphone pour laisser la bulle éclater. Leyla n'en menait pas large non plus, on ignorait ce qui nous attendait ni dans quelle proportion. Puis, à la peur avait succédé l'angoisse qui sont deux choses bien différentes. La peur que les nouvelles ne soient pas bonnes dans le cas où sa moëlle osseuse serait touchée. L'angoisse après avoir été rassurées, devant l'inconnu.
Peu à peu, nous avions pris nos marques dans les divers endroits de l'hôpital: cantine où je faisais connaissance des autres parents, cafétéria où le monde extérieur à la maladie et à l'hôpital venait nous côtoyer pour quelques instants, rue Lumière où je reprenais pied dans la réalité de la vie. Et les ateliers proposés aux petits malades où nous rencontrions des gens généreux et de bonne volonté.
C'était l'an dernier. C'est loin et pourtant encore si proche. Je me dis que tout ça maintenant est derrière nous mais la mémoire est sélective puisque j'ai oublié le nom des médicaments.
En revenant dans le service aujourd'hui, l'odeur des couloirs nous prend les tripes et nous ramène en arrière sans ménagements. Nous croisons les mêmes têtes: aides-soignantes, puéricultrices, infirmières, docteurs sont fidèles à leur poste. Mais bien des choses ont changées. L'atelier couture grâce auquel Leyla a réalisé le début de son rêve n'était plus là, la salle vide semblait triste. Le majestueux lion en chocolat dans l'entrée d'une valeur de huit milles euros a disparu (quelqu'un l'aurait-il mangé?) Non, une épidémie d'aspergillose en est la cause. Le maillot jaune offert par Lance Armstrong a été décroché (quelqu'un l'aurait-il volé?) Non, depuis peu ce maillot jaune symbolise la triche, le dopage et la tromperie et il eût été malvenu pour un hôpital de cautionner cela. Pourtant il y a une chose que je ne peux reprocher à cet américain, c'est sa force de persuasion pour les levées de fond pour la recherche contre le cancer, c'est son combat contre le cancer, c'est son leadership pour rassembler les malades afin qu'ils se sentent moins seuls. Certes il a eu le tort d'y associer son palmarès - à l'époque c'était plutôt une super opération marketing - car désormais les donateurs risquent de se faire plus timides. Je suis capable de dissocier les deux personnages qu'il incarne : le cycliste tricheur et le survivant du cancer. Et s'il n'a pas détourné d'argent comme à son époque Jacques Crozemarie, je suis prête à lui verser une donation.
Cette parenthèse étant tournée, Leyla entre au bloc aujourd'hui pour qu'on lui enlève ce système sous-cutané. En général, quand on fait ça, c'est que la maladie est derrière soi, qu'il y a longtemps que les traitements ont cessés bien qu'il faille revenir tous les 3 mois pour des visites de surveillance. C'est une bonne nouvelle qu'un enfant ou un malade se fasse enlever le PAC. Et quand, à la cantine, je retrouve Denise, notre chère Denise bien étonnée de nous voir, je la rassure.
Denise est une personne merveilleuse qu'on va saluer même si l'on ne doit passer que dix minutes dans l'hôpital, elle est le soleil des enfants, des parents. Avec elle, on peut discuter de tout, elle repère à cent mètres les nouveaux arrivants, les rassure, les accompagne, elle connait tous les petits qui viennent ici. Elle tient comme à la prunelle de ses yeux aux dessins, photos et autres cadeaux qui décorent sa salle à manger car venant des petits malades reconnaissants. Alors quand les services de désinfection sont passés là cet été en pleine épidémie et qu'ils ont tout décroché pour tout mettre à la poubelle, Denise en a pleuré et pas dormi de la nuit! C'était son coeur qu'on arrachait! Il y a même encore des médecins pour déplorer que son coin ne ressemble pas à un hôpital... S'ils savaient qu'on s'y sent bien justement parce que dans cet espace on ne se sent pas être à l'hôpital. Quelle déprime si tous les coins détente de l'hosto devaient être standardisés, tristounets, froids, blancs.
Comme nous avons passé une nuit là-bas, j'ai pu venir au petit-déjeûner. L'an dernier, c'était le moment de la journée que je préférais car c'est le "debriefing". Le midi, il y a du monde et c'est moins intimiste et le soir, l'ambiance sans Denise est carrément glauque et chacun reste dans sa chambre. Le matin, on voit les parents arriver un à un avec des mines plus ou moins épouvantables selon que la nuit a été dure, blanche ou difficile. Mais on essaie de faire bonne figure, surtout ne pas se laisser aller! On se raconte ce qui s'est passé, on échange des tuyaux, on se soutient mutuellement. Et la journée commence plus légèrement que ce qu'on craignait grâce aux mots simples des autres, à cet esprit combatif que nous avons tous face à la maladie et à ses complications. Je relativisais aussi, bien que Leyla ait aussi beaucoup souffert à certains moments. Car je savais qu'elle allait guérir! Quand on sait qu'on va guérir, les moments difficiles sont moins difficiles à vivre. Mais pour certains parents, combien j'ai pu admirer leur courage, leur simplicité, leur humilité face des maladies incurables, rares ou dégradées par des complications à répétitions. Je relativisais et je pensais à eux par la suite en les soutenant mentalement, muettement.
Ce matin, j'ai rencontré un père formidable. Son fils de 17 ans a une forme de cancer très rare qui se manifeste de la façon suivante: au lieu d'attaquer les corps étrangers et de défendre l'organisme, les globules blancs attaquent les os et cela donne des grosseurs que l'on peut enlever par chirurgie. Mais pour le reste, pour contrer ce défaut de programmation des globules blancs, les médecins sont peu sûrs d'eux. Ils font le tour du monde des autres centres d'oncologie à la recherche d'informations. Et là, son fils est au troisième étage depuis 6 mois!! Il est en aplasie depuis 7 semaines. Et quand le professeur qui les suit rentrera des Etats Unis, ils testeront quelque chose sur lui pour tenter de faire remonter ses globules rouges. Ce sera du quitte ou double. Et ce monsieur précise que son fils est né autiste. Les difficultés dans la vie, il connait et pourtant il ajoute: "ce cancer, c'est quand même quelque chose d'incroyable, une grande expérience!". J'acquiesse car Leyla a sorti des choses positives de sa maladie. Et ce papa, au lieu de se lamenter sur le sort qui pourrait s'acharner sur lui, est capable de philosopher. C'est une grande leçon pour moi. Son fils peut mourir à la suite de cette tentative, je sens sa sensibilité, son émotion dans sa voix quand il l'évoque sans le dire et je n'ai que mon regard pour le soutenir, des mots dérisoires pour lui montrer que je penserai à lui et à son fils par la suite, des petits riens.
A l'époque, des petits riens m'ont aidée et il ne faut pas s'en priver à l'égard des autres, redistribuer ce qui nous a été donné avec générosité.
Cette histoire m'a bouleversée. Quand je dois dire adieu à Denise, je lui tombe dans les bras et je pleure. Je suis heureuse que ce soit fini pour Leyla et je suis triste que ça doive continuer pour d'autres sans doute dans des circonstances dramatiques. C'est la vie et c'est tellement injuste.
Je quitte cette salle de cantine où, même quand on est en dehors de la maladie grâce à la rémission, on y reste toujours un peu au contact des autres. Pour ma part, je choisis de garder des pensées positives pour ceux que je connais et qui n'ont pas encore guéris ainsi que pour ceux que je ne connais pas.
Tout s'est bien passé pour Leyla. Elle avait un peu mal au coeur à cause d'un anti douleur assez carabiné et j'ai retrouvé mes réflexes rapidement: être présente sans être oppressante même si cela arrive fatalement, devancer les besoins, être attentive à l'évolution et à l'organisation de la journée, trouver les mots pour réconforter.
C'est derrière nous maintenant. J'ai eu le contre-coup au printemps, fatigue, lassitude, envie de rien, à deux doigts de la déprime. Puis j'ai fait le tri dans ma vie, gardé ce qui me faisait du bien, débarrassé de ce qui me pesait et ça a passé. Leyla évolue aussi et dans le bon sens!
Souhaitons-lui bientôt un bon 17ème anniversaire et qu'elle puisse faire quelques courses de biathlon cet hiver!!
dimanche 29 avril 2012
DE FERME EN FERME
En cette belle journée, partis à la découverte du patrimoine culturel et surtout gastronomique du Bugey, nous nous sommes arrêtés dans la bergerie de Munet.
Chaque année, à l'occasion des journées portes ouvertes, les propriétaires de cette bergerie: Katharina Henning et André Pétroud, reçoivent des centaines de visiteurs en 2 jours, preuve que leur succès n'est pas volé. Nous avons suivi la visite du laboratoire où Katharina fabrique ses fromages. Sa passion pour les fromages n'a d'égale que l'amour de son mari pour ses vaches! Avec du lait de vache, de brebis et de chèvre, elle crée des fromages vraiment originaux et parfois même sur commande! Elle mélange les techniques de fabrication pour arriver à de jolis fromages délicieux et son expérience fait le reste.
Dernièrement, ils ont creusé 2 caves sous la maison pour pouvoir affiner plus avant leur production et ne dépendre que d'eux-même. Katharina est en train de mettre au point 2 fromages inspirés de la raclette et du comté afin de passer la production de lait des vaches de son mari.
Ils ont des cochons qui adorent le petit lait et qui en dernier lieu, font d'excellents saucissons...
Et d'adorables petites chèvres chamoisées produisant 2 litres de lait par jour.
Les chevrettes et les brebis qui elles, donnent jusqu'à 2.5l de lait. Comparé aux vaches et leur 25 litres de lait journaliers, il faut beaucoup de caprins pour assurer une bonne production de fromages. C'est 12 h de travail par jour! 6 h en laboratoire pour la fabrication et le reste dans l'écurie pour soigner les bêtes.
Les brebis de 3 semaines. Bien-sûr, il ne faut pas comme mon père, penser au gigot d'agneau...
Et le bouc qui ne "travaille" que quelques semaines par an, en automne. 5 mois plus tard, les petits naissent. C'est l'agnelage.
La production: les bûchettes au lait de vache. J'étais étonnée, lors de la dégustation, que leur goût fût plus fort que les autres.
La tommette de brebis, avec des affinages différents ainsi que pour les fromages de chèvre. En maturité avancée, ils ont du caractère sans être des fromages qui puent, ils gardent un tenue en bouche et des parfums fruités.
Le saucisson de chèvre, très doux et fin, peu gras.
La tomme de vache.
Katharina est présente sur de nombreux marchés: Champagne en Valromey, Artemare, Belley et fournit les paniers de l'AMAP du Bugey. Elle a crée des fromages de chèvre au coeur crémeux, un fromage de chèvre inspiré de la recette du camembert dans son affinage. Il y a plusieurs façons de faire un fromage et la cuisson, la presure, l'affinage sont tous des acteurs dynamiques déterminants pour créer un fromage. Ce ne sont pas des fromages pasteurisés élaborés dans des labos blanc, neutres et stériles mais des fromages naturels nés de l'inventivité et de l'inspiration de sa créatrice.
Bien-sûr, ces fromages sont tous certifiés BIO ! Et vendus avec le sourire!!
Fabriqués au pied du Colombier, du côté le plus abrupt.
Après le fromage, le miel !! Direction les Ruchers de l'Arvière chez les Lanthelme à Vaux-Moret, sous Vieu, près de la source du Groin. Un petit coin de paradis assez impossible à trouver où Frédérique récolte son miel avec le sourire et elle aussi beaucoup d'imagination.
Sur l'étal cet après-midi, des pots de miel en verre ou en plastique et au choix: miel de printemps très sucré, miel de tilleul, de chataignier, de fleurs, d'accacia. Palets au miel, pains d'épices miellés parfumés à l'orange, une sorte de guimauve au miel et du nougat.
Il y a aussi des pots de miel où baignent des noisettes, un pur régal !!
Et pour bien finir la journée, on a poursuivi la promenade jusqu'à la source du Groin à quelques pas où la résurgence était pleine d'une belle eau turquoise. Après des recherches, des spéléologues ont conclu que cette source venait du plateau du Retord. Logique puisqu'avec la neige tombée en abondance ces derniers jours, la fonte a rempli la vasque. L'an dernier à la même époque, le trou était à sec. Et c'est assez profond.
C'est une source dangereuse. Pourquoi s'appelle t-elle le groin? Sans doute parce que quand elle se remplit, elle glougloute comme un cochon qui couine... Dangereuse car elle a déjà engloutit plusieurs imprudents. Ses gorges en aval sont profondes et lugubres.
Ne manquait que le vin que nous aurions pu déguster chez Sylvain Bois à Béon, ce sera pour l'année prochaine!!
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