dimanche 8 mai 2011

CUVERY, CROSS EN FAMILLE

Dimanche 8 mai, cross de Cuvéry : Les 2 petits costauds sont de la fête cette année : mon fils EGOR et son meilleur copain BLAISE se sont alignés sur 1 km en catégorie microbe. Fiers avec leur premier dossard sur le dos, ils ont reconnu le parcours en marchant avec moi puis se sont élancés en groupe plus tard. Je ne les ai hélas pas vus car j'étais en course avec ma fille au même moment. Ils ont couru tout le long, Blaise est tombé à cause d'un croche-patte mais ils sont arrivés avec le sourire aux lèvres, ils ont eu une médaille, une casquette et Egor a même gagné une poule en chocolat noir (délicieux!) au tirage au sort!!







Quant à ma fille Leyla, je lui avais proposé cette année, cadette en athlétisme, de faire les 13km. Bien qu'elle soit en reprise d'entrainement après la pause hivernale et qu'elle ait passé la semaine à Paris avec le centre de loisirs Aigle, elle s'est courageusement attelée au défi.


C'est elle qui a porté le dossard, moi je l'ai suivie pour lui tenir compagnie et la soutenir sur ce parcours finalement difficile pour une jeune fille de 15ans!


Armée d'un Suunto prêté par mes soins, la voilà prête au départ!!

Maman et sa fifille avant de partir. (oui elle est plus grande que moi...)



Avec 2 sorties de courses à pied, j'ai dit à Leyla que son objectif sur ce 13km était de terminer en moins de 1h30. Partie dans le rythme, je lui ai conseillé de s'occuper à toujours bien souffler pour éviter les points. Au fond de la combe de Merlogne quand la route forestière monte raide, elle devait courir au train le plus haut possible. Elle n'a marché que 200mètres. Ensuite, avant le 1er ravito sur le terrain vallonné, elle a récupéré. Je regardais chaque fois sa montre pour voir à combien était sa F.C.


Elle a bu un peu et elle est repartie. Là, son coeur s'est bien calmé jusqu'au 2ème ravito à Cuvéry où elle est passée en 40min.


A partir de là, je lui ai décrit le parcours à venir et conseillé de prendre un rythme qu'il lui faudrait tenir jusqu'en haut, au train, sans dépasser 175. Ce qu'elle a fait brillamment !! Elle soufflait bien, courait avec une belle foulée, appliquée comme elle l'est toujours!! J'étais impressionnée.




Nous sommes passées aux différents contrôles toujours animés par des bénévoles sympas et habitués. Et j'ai pu prendre des photos! Là, c'est le contrôle au sortir de la forêt avec des jonquilles sur le bord du chemin, très mignon!




Un petit coup à boire et ça repart! La température était douce, ciel voilé, idéal.



L'autre contrôle avec les encouragements à la cloche !! Merci à tous ces volontaires!




Leyla a bien avalé la partie montante au rythme que je lui avais donné, je courais à ses côtés, c'est elle qui faisait l'allure. Puis après la ferme de Retord, retour en descente sur le chemin, endroit délicat car il faut forcer pour aller vite et on a l'impression que le coeur va nous exploser dans la gorge!!



Leyla va réussir à bien s'accrocher, à se donner à fond sans avoir de point de côté handicapant et franchira la ligne d'arrivée en un temps de 1h25'44. Bravo à elle! J'étais très fière de ma fille! Elle venait d'atteindre son objectif et je ne m'attendais pas à ce qu'elle courre aussi bien, aussi vite et aussi longtemps. Quelles ressources elle peut cacher!! Sur la courbe du Suunto, on a pu voir qu'elle a fait 48min au seuil et 90% de sa course au dessus de 168. Pouls max à l'arrivée: 198.



Une petite photo souvenir avec la 1ère cadette Portefaix qui gagne en 1h17, une habituée du cross qui promet d'être une bonne séniore!!



La première femme est une anglaise SHAW qui gagne en 1h02; Bravo à elle!! Et bravo à ceux et celles (nombreuses) venus courir dans ce beau coin du Retord. Le 1er homme CHICHOUX est en 49min.



Et toujours des grandes félicitations à l'organisation dynamique, efficace et sympathique de la Valserine, du club de Bellegarde, des gens de Cuvéry-Retord. Les lots étaient superbes (séjour gratuit à Morzine), le tirage au sort intéressant avec animaux en chocolat, veste, shorts, sacs à dos, bâtons de marche à gagner. De quoi fidéliser les participants.



Les enfants reviendront c'est certain! J'ai remarqué qu'il y a beaucoup de petits puis très peu de cadets et ensuite beaucoup de séniors de nouveau. Tant mieux si les gens reviennent à la course à pied après 25ans, c'est tellement agréable !

















jeudi 28 avril 2011

PROMENADE EN SOUS BOIS











Egor, caché dans les ombélifères




La petite famille en promenade. Le temps est de nouveau printanier, capricieux et orageux (comme Egor) ce qui favorise la pousse des plantes. (des belles plantes!)




La raiponse en épis (qui est blanche) et sa copine la raiponse globulaire (bleue), à la tige plus ou moins longue, sont de la même famille et se trouvent souvent dans les bords de chemin, les prés en moyenne montagne.






Ma grande fille qui a trouvé une longue tige de pissenlit, la joie des gamins qui se les soufflent au visage !!





Aconit ou ancolie??? Je pencherai pour la seconde, attention TOXIQUE ! Ne la ramassez pas!!





Le sceau de Salomon que l'on trouve en ce moment sur les bas-côtés au bord des routes.



...ou comment aider les graines à se planter plus loin...




Mes fleurs préférées, les narcisses !! Comme pour les jonquilles, pas plus d'un bouquet par personne !



...comme mon petit bout de chou !





La parisette, plante des sous-bois toxique !!




Un petit étang au bord du Séran au sud de Préou





Où l'on aurait bien laissé tomber Egor !!



On remonte à Hotonnes en ramassant des pierres plates de toutes formes dans le lit à sec du Séran. Ce cours d'eau, victime du profil géographique calcaire et karstique, disparaît et réapparaît au gré des pertes et résurgences au fil de son cours. Son apothéose se situant au dessus de Cerveyrieu lorsqu'il se jette du haut de la cascade du même nom. Magnifique quand elle est en crue! Magnifique en ce moment aussi à sec car on peut mieux observer ses canyons et gouilles d'eau impressionnantes de profondeur.


Cascades de Cerveyrieu, du trou de la Marmitte, de la Charabotte, trois sites exceptionnels et préservés à découvrir dans notre beau Bugey !!


























jeudi 21 avril 2011

LE PRINTEMPS SUR UN PLATEAU

Montée vers le sommet du Crêt de Chalam.






Avec ces belles journées d'avril, plus fraîches qu'en début de mois, avec encore de la gelée blanche le matin tapie au fond des combes froides, il est recommandé d'aller se ballader partout! Les sous-bois sont secs et odorants, l'herbe des prés encore rase, les bêtes pas encore au pré, la lumière crue et éclatante. C'est très agréable et il faut vraiment pousser la promenade au delà du fond du pré où se prélassent les jonquilles, entrer dans le chemin forestier, écouter les oiseaux chanter, se laisser surprendre par une biche à une lisière de forêt, par une combette inconnue qui vous charmera, par un détour du chemin où vous aurez envie de vous poser pour une petite sieste de luxe sur un gazon naturel et doux. La nature est encore ouverte (en respectant les propriétés privées, il va sans dire) profitez-en!





















On peut aussi admirer nos fleurs de région, voici quelques spécimens de saison:








En sous-bois, le sapin reconnaissable à son tronc blanchâtre et strié de crevasses.










A ne pas confondre avec le tronc du hêtre, ou "fayard" gris clair et lisse.








Le tronc de l'épicéa, marron clair et recouvert d'écailles.








Les aiguilles de l'épicéa entourent la branche et sont piquantes.










Alors que les aiguilles du sapin se répartissent de chaque côté de la branche, à plat, brillantes.








Le bois-joli, arbuste fleuri et toxique, attention !










L'érythroëne tête de chien avec ses feuilles tachetées comestibles, au petit goût de noix de coco.






La gentiane printanière au bleu éclatant !










La jonquille, ne ramassez qu'un tout petit bouquet, elles se font rares !!! Please!








La gentiane de Koch, en forme de trompette.








Une pousse d'épicéa sur une souche, au petit matin.

Les fourmis à pied d'oeuvre sur leur monticule.




Photos prises cette semaine dans la combe de Merlogne, à Cuvéry.

























mercredi 26 janvier 2011

MOTS VALISES

Quelques exemples de mots valises crées par Alain Créhange "le Pornithorynque est un Salo Pare" :

ABDOMINO : Muscle ventral de forme rectangulaire, sur lequel se développent les points noirs.

ABSENTHEISME : Doctrine religieuse qui affirme que Dieu existe mais qu'il n'est pas là en ce moment.

AILEPHANT : variété de pachiderme volant dont Dumbo est l'unique représentant connu.

ANORAKSIQUE : se dit d'un adolescent qui, lors d'un séjour aus sports d'hiver, refuse de s'alimenter jusqu'à ce qu'il puisse de nouveau rentrer dans ses vêtements de l'année précédente.

AUTOBIDACTE : personne qui, par ses seules facultés et sans l'aide de qui que ce soit, est parvenue à un échec cuisant. "L'autobidacte qui, dans la vie, est parti de zéro pour n'arriver à rien dans l'existence n'a de merci à dire à personne! " Pierre DAC.

BASILICONE : edifice religieux où l'on adore le vrai Dieu et les faux saints.

BATRHACIENDA : grande propriété foncière d'Amérique latine consacrée à l'élevage des grenouilles.

BOUILLABBESSE : mère supérieure préposée à la cuisine dans les couvents de Provence.

CALIMEROVINGIENS : lignée de rois de France dont les représentants, bien que nés coiffés, furent poursuivis par un sort vraiment trop injuste.

CAPOTHICAIRE: ancien terme pour désigner les vendeurs de préservatifs.

CARAMELITE : assitante de la bouillabbesse, qui prépare les pâtisseries et les confiseries.

CHASTEROIDE : petit corps céleste qui se tient éloigné de Vénus.

ETC...

dimanche 2 janvier 2011

PROSIT NEUJAHR !!





















BONNE ANNEE 2011 !


Pour cette saint Sylvestre, j'ai emmené mon petit monde (mes parents, mes enfants) dans la montagne sous les étoiles. Ca faisait longtemps que je voulais faire ça, une soirée dehors, devant un feu ou dans un chalet d'alpage, dans la montagne.


Faute de chalet, nous avons trouvé un endroit en balcon protégé de l'air froid par les arbres. L'après-midi, nous avons profité du jour pour faire des réserves de bois mort de la forêt. Puis le soir, nous sommes revenus vers 22h à pied avec tout le nécessaire pour passer une bonne soirée : vin rouge, vin mousseux "Cerdon", jus de fruits pour les petits, saucisses à griller sur le feu, chips, viande des grisons, saucisson et patates chaudes, dattes, chocolat...



Moi qui peut me vanter de savoir allumer un feu, je n'aurai pas cru qu'il fût si difficile de le faire en hiver, quand le bois est froid, imprégné d'humidité. Malgré les brindilles sèches, le bois ne se consummait pas. Si j'y avais pensé, j'aurai récolté du lichen ou amené une bûchette de bois bien sec (mélèze ou bouleau) et y prélever des copeaux avec un couteau bien aiguisé.


Mon père m'a montré le truc imparable : une bougie. Vous coupez une bougie longue en deux, vous la plongez dans les petites flammes et sa matière va se consummer en pétillant et faire prendre le feu. Mais celui-ci a mis 2 heures avant de diffuser réellement sa chaleur.


Pendant la montée à pied, le chat nous a suivi, on voyait bien ses yeux luire dans la lumière des lampes frontales.


Impossible de voir des animaux, les enfants apeurés parlaient en criant très fort, histoire d'éloigner la peur du noir ! Pendant que nous mangions autour du feu, ils faisaient de la luge dans la pente, fonçant dans le noir avec de grands cris, poursuivant la bouteille de vin vide sur la neige glacée!


Puis quand minuit a sonné, j'ai allumé quelques fusées made in China assez décevantes. Bon ce sont bien les chinois qui ont inventé la poudre mais ils se sont reposés sur leurs lauriers depuis...


Les enfants étaient enchantés. Et nous aussi. L'an prochain, nous ferons certainement mieux, dans un autre endroit, nous viendrons plus tôt pour que le feu ait le temps de chauffer, nous achèterons de vraies fusées et nous prendrons des peaux de bête car ma mère qui est restée assise a eu froid... aux fesses.



Couverts de suie, les enfants sont redescendus en glissades jusqu'à la maison, ne s'éloignant jamais du cercle de lumière de la seule lampe, hurlant quand mon père l'éteignait. Et avec ma fille, nous sommes restées devant le feu mourant, le visage près des braises et nous nous sommes laissées emporter par l'effet hypnotique des flammes, semblable à celui de l'eau et des vagues. Nous serions bien restées dormir là, c'est ce que nous ferons l'an prochain !!
Ma fille a vu plein d'étoiles filantes. Jupiter a luit jusqu'à 23h et les autres étoiles n'étaient pas en reste. La lune se reposait, la nuit était noire.


C'était une bonne idée, simple, drôle dont les enfants se souviendront sans doute longtemps.
Meilleurs voeux à tous, que cette nouvelle année vous apporte tout ce dont vous rêviez, soyez fous!







dimanche 26 décembre 2010

Ayant vaincu mon complexe d'infériorité ou ma timidité, c'est selon, je me suis portée volontaire pour aider à l'encadrement d'une coupe d'europe de ski de fond les 18 et 19 décembre dernier avec l'équipe de France.
Nous nous sommes rendus en Autriche à St Ulrich am Pillersee (à côté de Hochfilzen) avec 18 skieurs sélectionnés (juniors et séniors) pour 3 courses : un KO sprint en skate, un 10km en skate et une masstart en classic. La neige y était au rendez-vous, le froid aussi avec 2 jours à
-17°. Les conditions sont restées stables pendant tout le séjour : neige fraîche et froide avec un fond dur, -10° en moyenne.

Je connais parfaitement le circuit coupe du Monde-coupe d'Europe en biathlon, l'ayant fréquenté pendant 10 ans. Mais depuis ma retraite puis ma reprise en tant qu'entraineur en 2007, le monde du ski de fond avait changé et mes déplacements en coupe du Monde de ski de fond dataient de 1991...! J'étais consciente de mes lacunes : reprise de contact avec le fartage de retenue, avec la technique du classique qui avait considérablement évoluée, avec les nouvelles têtes que je ne connaissais pas, etc. Je me sentais parfaitement ignorante de bien des choses et mettait à contribution immédiatement mon esprit d'observation pour combler les trous de mémoire. Et quand j'appris que les entraineurs de région pouvaient accompagner l'équipe de France en déplacement sur les courses européennes, j'ai été à la fois intéressée et découragée. Intéressée car je savais qu'avec l'élite, je progresserai. Découragée car je m'imaginais que je ne m'en sortirai pas.

J'ai attendu 3 hivers avant de me décider. Et j'ai postulé pour cette coupe d'Europe mi-décembre qui ne me demandait pas trop d'organisation pour mon remplacement dans ma région. Une fois que j'ai pu mettre en place les 2 entrainements où je serai absente chez moi, j'ai pu partir la tête légère et l'esprit curieux !

Je connaissais tout le staff (nous étions 6 au total) : Mathieu Fort, l'entraineur des juniors. Gérard Durand-Poudret qui s'occupe de l'aspect technique et fart. Philippe Grandclément, intervenant de qualité sur les stages des juniors et au pôle France à Prémanon. Thibaut Chêne, CTS du comité Alpes-Provence. Jean Hemaury (je ne suis pas sûre de l'othographe du nom...) responsable des séniors du comité du Massif Jurassien. Et moi-même.

Moi qui met un point d'honneur à toujours organiser correctement les conditions de travail sur le terrain et de distribuer au plus juste le rôle de chacun, je n'ai pas été déçue. L'organisation était tip-top, le matériel impeccable, l'entente très bonne et la communication correcte.

Mon rôle a consisté à faire des skis à tour de bras. Je m'explique: d'abord farter les skis en glisse: sur les skis tests, appliquer une base, la râcler, la brosser. Appliquer ensuite la poudre ou le produit fluoré avec un masque de protection, faire refroidir les skis et brosser, brosser, brosser...

Une fois que les skis ont été testés, une tendance, un choix est fait quant au fart à mettre pour la course et nous l'appliquons alors sous les skis des coureurs. Chaque coureur donne 1 paire de ski déterminée la veille. A 6 coachs, farter 18 paires de skis ne nous prenait que 1h30 au max. En région, c'est différent. Quand le coach est seul avec 10 paires de skis, il se couche vers 2h du matin!

Avec notre masque sur le nez pour se protéger des émanations étoilées du fluor chauffé à blanc, il fallait étaler la poudre sur les skis, la chauffer, la relever avec une petite brosse, la refaire chauffer. Sortir le ski dehors. Puis brosser avec une brosse dure, avec une brosse moyenne puis une brosse souple. Quand on veut que le travail soit parfait pour une glisse excellente, il faut donner entre 100 et 150 coups de brosse sous chaque ski !!

Puis le jour de la course, on se répartit sur la piste pour les encouragements et les renseignements de temps, avec des bâtons pour parer à toute éventualité de casse. Là, il faut prévoir LA grosse veste chaude, LES chaussures chaudes pour rester 1h30 à 2h les pieds dans la neige pendant la course sans trop bouger. J'emmène toujours un petit thermos de thé. Et j'ai une veste ouatinée longue et épaisse absolument idéale pour ça.

Sur cette coupe d'Europe, les juniors ont fait des courses superbes. Quand je les renseignais, c'était pour leur donner des temps par rapport au premier à quelques secondes ou pour leur dire qu'ils étaient premier! Suspense! On a tous un talkie et on écoute avec attention le déroulement de la course et du classement sur les autres endroits de la piste qu'on ne voit pas. On fait passer des infos telles que :" dis-lui de bien relancer!" ou "Il faut qu'elle sorte des traces en descente!" etc. J'ai pu me rendre compte du niveau européen où les allemands et les suisses sont à la bagarre avec les français. Où les filles ont encore beaucoup à faire pour performer en tête de course, malgré leur motivation. Je me souvenais du temps (lointain) où j'étais moi-même en course.

De retour sur le stade, je félicite les français montant sur le podium et je dis un mot à celui ou celle qui m'a inspiré un commentaire. Ils ne me connaissaient pas bien, moi non plus, c'était l'occasion de briser la glace. Ce sont tous des jeunes gens très intéressants et sympathiques, avec des qualités physiques en devenir ou déjà établies, avec des mentalités différentes dont il faut tenir compte.

Le dimanche, Paul Goalabre avait gagné le KO sprint junior et le 10km skate. Et Alexis Jeannerod avait prit la 2ème place du 10km skate et du 15km classique. Ca fait plaisir! Avec de bons skis, comparés aux autres nations.

Je suis rentrée avec la satisfaction d'avoir surmonté mon manque de confiance car les choses se sont bien passées et j'espère avoir bien travaillé. Je me sens surtout décomplexée car je travaille finalement correctement dans ma propre région et 1 ou 2 déplacements de ce type par hiver est idéal pour se perfectionner, pour prendre part à la bonne marche des jeunes équipes françaises et pour se familiariser avec le milieu. C'est une expérience à renouveler l'an prochain.

Pour info, les championnats du Monde juniors auront lieu en février à Otepää en Finlande avec 6 garçons et autant de filles je pense. Un junior bien placé (dans les 10 voire les 5 premiers) dans une course mondiale est un futur sénior de talent. Exemple : Maurice Manificat, champion du monde junior.

Les nordiques (Norvège, Suède) ont un certain réservoir de jeunes talents tant en filles qu'en garçons. Et en Europe, il faut toujours compter sur les italiens, les allemands, les suisses depuis quelques années et quelques français. Il y a toujours des individualités pouvant pointer dans une nation : République Tchèque, Pologne, Slovénie grâce aux parcours encourageants de séniors confirmés.

Au niveau mondial, les russes ont un vivier impressionnant de jeunes pousses rapides mais ils ont fait des vagues l'an dernier à cause de contrôles antidopage positifs. Qu'un sénior soit pris positif, ce n'est pas normal. Mais qu'on puisse trouver des juniors positifs, des jeunes gens d'à peine 18 ans, je trouve cela scandaleux! C'est les faire baigner dans la triche et la m... dès le plus jeune âge en les y forçant le plus souvent, c'est leur présenter le sport sous sa forme la plus honteuse (ne pas respecter les règles) et c'est leur forger une mentalité tronquée dont ils auront du mal à se défaire pour le reste de leur carrière (s'ils passent à travers les contrôles..). Quand le dopage est étatisé, les juniors ne sont que les derniers maillons de la chaîne, que la conséquence d'un système pourri où tout le staff est fautif, du médecin à l'entraineur, en passant par le président de la fédération au kinésithérapeute.

De mon humble avis et d'après mes observations, il y a plusieurs types de dopage : le dopage à l'échelle de l'équipe, de la fédération où tout le monde est impliqué en ayant l'idée plutôt de compenser un manque et en croyant être dans son bon droit.

Le dopage individuel où l'on trouve un athlète s'entrainant souvent seul avec son propre staff, écarté, se tenant éloigné des autres, fragilisé mentalement parfois et manquant de confiance en lui mais avec la ferme intention de combler son retard, ses lacunes, ses faiblesses avec un ou des produits miracles ou encore de prendre sa revanche sur une personne ou un système qui l'a lâché.

Enfin, le dopage "erreur" où l'athlète a avalé un produit acheté sur internet sans penser qu'il serait "sale", où il a pris un sirop pour la toux à la codéine inoffensif mais interdit etc. Aucune intention de tricher dans tout ça, de la naïveté, de l'innocence (au sens juridique) et souvent la même sanction que pour les autres "types" de dopage.

Le ministère des Sports tient à la disposition de chacun la liste des produits dopants et référencés mais ce n'est pas si simple. Au niveau régional, il faut souvent rappeler aux jeunes de faire attention quand ils sont malades et qu'ils vont à la pharmacie. Sur les courses nationales, des contrôles antidopage sont régulièrement mis en place et de façon impromptue, il est important de respecter les règles et surtout de rester vigilant sur ce qu'on avale.

Je m'égare un peu de mon sujet premier...
Quoiqu'il en soit, la détection, la préparation, l'affirmation des jeunes skieurs est un sujet perpétuel de conversation entre entraineurs, alimenté par ce qu'on observe chez nos voisins. Et c'est passionnant, toujours en évolution.

Regardez les résultats sur ffs.fr ou sur fis-ski.com. Bon ski !

lundi 15 novembre 2010

LA GYMNASTIQUE DES MOTS

Vu dans le supplément "livres" du Monde de ce week-end, un article sur 2 livres totalement décalés et plein d'humour! Voyez plutôt!

Tout d'abord "le petit dictionnaire des mots retrouvés" (préface de Philippe Delerm, JBz&cie éditions, 12.95€) a été écrit par des auteurs anonymes juste avant 1940 et qui se sont bien amusés avec les mots.

"L'oeuvre que nous entreprenons, disent-ils, est une oeuvre de réaction, réaction contre l'interprétation fantaisiste des mots, réaction contre les corrupteurs de notre langue, qui ne sont pas tous, hélas, des étrangers."

Et voilà quelques définitions revues et corrigées par leur soin:

Anthrax: ravisseur de la belle Acné, désigne un répugnant abscès.

Calviniste : désigne un coiffeur genevois.

Lit: une unité monétaire lituanienne, une devise de tout repos.

Watt : interjection utilisée par les techniciens de l'électricité pour marquer leur mépris d'une découverte faite par l'un de leurs confrères.

Aspirine: épouse d'un aspirant de marine. Généralement très élégante, elle donne à la mode un caractère particulier, un cachet d'aspirine.



Dans le même ordre de désordre intellectuel humoristique, je vous conseille de mettre dans les chaussures de votre rejeton adolescent pour Noël l'ouvrage d'Alain Créhange : "le pornithorynque est-il illustré?" (éd. Fage, 24€) qui aura tôt fait de le réconcilier avec le français tout en l'amusant à tous les coups! Ce sont des mots-valises que l'auteur rassemble dans cet ouvrage et c'est un exercice drôle auquel nous devrions tous souscrire en inventant un mot-valise par jour.

Castronaute: dirigeant cubain rêvant de mettre son pays en révolution permanente autour de la Terre.

Plutsch: tentative de coup d'état qui tombe à l'eau.

Emigraine: mal de tête venu d'ailleurs.

Finançailles: préliminaires à un contrat de mariage.

Proservatif: étui en latex que l'on emploie pour en empêcher la propagation du virus de la poésie.



Bonne lecture !!

mardi 2 novembre 2010

TOMBE LA NEIGE ...

La plaine du glacier de la Grande Motte. Il y a 20 ans, on pouvait skier sur la neige qui recouvrait les rochers en face.








Il faut que je parle du stage que j'ai fait à Tignes à la toussaint avec les juniors du Comité du Lyonnais. L'an dernier, nous avions eu 5 jours de grand beau temps sans un nuage et nous espérions la même chose pour 2010.


Bonne nouvelle en arrivant, il neigeait des gros patins. Les jeunes étaient tout excités par cette 1ère neige et par le ski qu'ils allaient bientôt pouvoir faire.


Le lendemain, grâce aux pneux neige posés avant de partir, nous avons pu monter mais nous nous sommes arrêtés sur le golf de Tignes, au bord du lac. Il était tombé 30cm, la neige était humide et nous pouvions en faire quelquechose. Presque tous les comités régionaux de ski de fond étaient présents et à nous tous, nous avons tracé 2 boucles de difficultés différentes sur lesquelles nous avons de suite tourné.
Ski sur le golf à Tignes à côté du lac.

Certes, c'était tracé aux pieds, inégal mais quel utilité. Pour mes jeunes, il s'agissait du 1er stage de ski depuis avril 2010, ils n'avaient fait que du ski à roulettes et pour retrouver les sensations d'appui, de glisse, de proprioception dans les pieds, rien de tel que ces traces-là !!


Le travail technique a été très important et quand nous sommes remontés sur le glacier, après 2 jours et demi en bas, et qu'ils ont pu skier sur de bonnes traces faites à la machine, les jeunes étaient bien placés et ont progressé.


Là haut, après la chute de neige de début de semaine, les conditions étaient optimales: neige fraîche et froide à -5°C, soleil éclatant, peu de vent. L'idéal!


L'après midi, nous sommes montés à l'Aiguille percée. Les juniors se sont bien amusés dans la neige fraîche et nous sommes redescendus par la gravière.













Photo de famille... Benjamin, Lucas, Vincent et Gautier


L'aiguille percée


Les 2 derniers après-midi, nous sommes allés sur le versant ensoleillé de la Rosière où nous avons pu faire du ski à roulettes jusqu'à 18h en restant au soleil, au dessus des vallées envahies par l'ombre. C'était magnifique! Les mélèzes faisaient des silhouettes jaunes dans la forêt ainsi que les bouleaux et leurs feuilles tachetées d'or et le Mont Pourri se dégageait devant nous. La beauté du paysage annulait la monotonie de l'ascension.











Ski roue à la Rosière - Le Mont Pourri

C'est la 4ème année que je reviens ici en tant qu'entraineur. La première fois que j'y suis montée, c'était en 86 je crois et j'étais juniore. Et ça n'avait rien à voir avec les conditions qu'on trouve aujourd'hui : le funiculaire n'existait pas, nous montions dans des oeufs qui bougeaient beaucoup quand il y avait du vent et le voyage durait bien 20min. En arrivant en haut, nous pouvions chausser les skis dès la sortie des escaliers et une descente très raide et parfois glacée nous attendait pour rejoindre la plaine où sont tracées les pistes de ski de fond. Il y avait facilement 30 mètres d'épaisseur de glace en plus. Et les pistes faisaient entre 5 et 8 km. La descente est l'occasion de se faire plaisir en slalom et de peaufiner sa technique.
Depuis le glacier : les remontées, la Grande Motte à gauche et la Grande Casse au fond.

Pour redescendre, on n'avait pas besoin de retourner au restaurant comme aujourd'hui, on pouvait ralier en ski la gare intermédiaire des remontées en contrebas. Là, il y avait une belle langue de glace sur laquelle était encore planté un téléski et des piquets de slalom pour les alpins. Mais tout cela a disparu.


Je me souviens que ce n'était pas de tout repos parfois : il arrivait qu'on s'arrête en montant à la gare intermédiaire et qu'on finisse à pied. Une année, la neige était verglacée, nous traversions en diagonale avec nos chaussures glissantes, ma soeur avait trébuché et perdu une de ses paires de ski qui était partie se perdre en contrebas, elle ne l'avait pas retrouvée. C'était mieux que de faire soi-même la grande glissade sur les fesses!


Sinon, les conditions météo peuvent être quelques fois exécrables avec un vent si fort qu'on ne peut avancer ou que les bâtons se plantent de travers, avec des conditions hivernales extrêmes quand il neige et qu'il fait froid.


D'année en année, on voit la couche de glace se réduire, s'abaisser comme un soufflé raté sortant du four, laissant apparaître des rochers nouveaux en travers de la piste, des crevasses et on se dit que les années à venir à skier ici sont comptées. Nous aimons tous tellement le ski que nous ne pouvons imaginer un jour que ça puisse s'arrêter, pour des raisons climatiques ou économiques d'ailleurs, pour quelque raison que ce soit. Quand je pense à l'exposition Monet à Paris en ce moment où des tableaux représentent la fonte des glaces sur la Seine au début du siècle... ça laisse rêveur...

dimanche 31 octobre 2010

MARATHON WOMAN















Dimanche 31 octobre : marathon de Lausanne, 10h10. Objectif : 3h20



En train de préparer mon sac


C'est mon premier marathon. Ca fait une semaine que je me fais du souci, que je me demande comment faire, quelle tactique adopter, je questionne tous ceux et celles qui ont déjà couru la distance mythique histoire de me rassurer.




A Tignes sur le glacier, conditions magnifiques: neige fraîche, -5°




Pour fignoler la préparation, (c'est du 3ème degré..) je suis en stage de ski sur glacier à Tignes avec les jeunes de mon comité où je ne cours pas un kilomètre et quand je fais une séance de décrassage samedi, horreur! Les mollets me tirent affreusement, j'ai l'impression d'avoir perdu tout ce que j'avais fait auparavant, d'être une débutante. Ca ne me rassure pas du tout!


Je passe l'après midi du samedi à me masser les mollets, avec les jambes en l'air à regarder un film de Clint Eastwood "Gran Torino". Excellent film, il ne faut pas avoir peur des gros mots mais c'est du Eastwood pur jus, ça me détend. Je prépare mes affaires jusqu'à point d'heure, le stress me tient éveillée.


Je suis certaine d'avoir mieux dormi avant les courses des Jeux Olympiques !


Avec le décalage horaire français (1h de moins cette nuit), j'arrive sur la Suisse avec le soleil qui se lève timidement sur le lac.


Lausanne pour moi, c'est d'abord "la lumière du lac" de Bernard Clavel, grand écrivain récemment disparu, amoureux du Jura, qui parlait si justement de la lumière du lac Léman, particulière et mystérieuse, j'ai toujours remarqué cela en y passant.


Lausanne c'est aussi le siège du CIO. Je ne m'apesentirai pas sur les propos de ce cher Mr de Coubertin qui parlait des "femelles" plus à même de travailler en cuisine que de courir sur un terrain en short, il collait à la mysogynie ambiante de son début de siècle. Parions qu'aujourd'hui, il tiendrait un discours différent... Je lui laisse une chance...


Lausanne et ses illustres habitants artistes: Maurice Béjart y créa son corps de ballet de danse contemporaine. Regardez la chorégraphie qu'il a crée sur le "Boléro" de Ravel avec plusieurs interprètes différents; chacun y apporte sa touche : Maïa Plissetskaïa montre son humilité et une sensualité innocente, Jorge Donn y est généreux et fantastique, Sylvie Guillem offre toute sa puissance, sa technique, son autorité. Enivrant.


Charlie Chaplin y est mort je crois, David Bowie y a vécu un temps et j'en passe...


En entrant dans la ville, je passe devant la maison Phillip Moris (les cigarettes) que j'aimais bien fumer adolescente... Et oui, elles avaient bon goût! Personne n'est parfait.


Bref, les suisses dorment encore et la circulation est fluide. C'est toujours un bonheur pour moi de revenir en Suisse. Je sais que ce n'est pas l'avis des frontaliers sur Genève qui pestent contre les feux rouges et leurs radars. Mais il faut oublier qu'on est français en Suisse et adopter leur conduite en ville, souple, tranquille, respectueuse. Même s'ils ne nous pardonnent aucun écart...


Oui, je vais parler course à pied, deux secondes!


Je vais chercher mon dossard et récupère mon sac à surprises "tant que je peux encore marcher!" dis-je en plaisantant à la bénévole en place. Je ne crois pas si bien dire..


J'ai bien observé le profil de la course, ça monte et ça descend et je crains le vent dans le nez pour le retour... Je m'échauffe correctement, les jambes ont l'air d'aller. Dans le grand parc à côté du départ, il y a de l'ambiance: un groupe de personnes sur une scène font une séance de fitness en musique pour aider ceux qui le veulent à finir leur échauffement, ils ont du succès.


En prévision de la pluie, j'avais mis un tee-shirt à manches longues que je quitte avant le départ, je ne veux pas avoir trop chaud. Le mauvais temps est prévu seulement pour ce soir.


Comme je le disais, j'ai demandé des conseils à plusieurs personnes qui m'en ont donné d'excellents, notamment de partir doucement, de bien boire etc. Et à 5min du départ, je suis là encore à me demander quelle stratégie adopter.


Et je me place sur la ligne des 3h15. Je m'apercevrai dans 2h que j'ai fait toutes les erreurs qu'on m'avait conseillé d'éviter... Moi et mon esprit rebelle, il faut qu'on se calme de temps en temps et écouter humblement ce qu'on nous dit. Car sur ce premier marathon, j'ai manqué cruellement d'humilité! Tant pis pour moi. Pour le moment, je ne le sais pas et je fonce dans mon idée, entêtée, voulant toujours avoir raison et ne pas faire comme tout le monde...


Au poignet, j'ai un bracelet avec les temps de référence pour réaliser 3h15.
Au départ, avec le sourire.


Ca y est, le départ est donné!! Je suis bien. On part moins vite que je ne le pensais. Autour du donneur d'allure, les coureurs se pressent comme un essaim d'abeilles autour de sa reine.


Tout du long, les spectateurs seront sympas et encourageront chaleureusement, surtout les femmes. Merci! Ca descend beaucoup sur les 5 premiers kilomètres et j'ai peur pour le retour, il faudra remonter pas mal de dénivellé tout de même. Mais je profite du paysage, je me délecte. Le ballon est à une centaine de mètres devant moi. Le coeur monte doucement pour se stabiliser à 163, zone de VMA, je cours en 4'30 sur mille, un peu vite mais ça va alors... je continue.


On arrive près des coteaux où les vignerons font une pause pour nous regarder passer, il y a des orchestres musicaux ou de la sono de loin en loin au bord de la route, ça tient compagnie. Au 15ème kilomètre, ça va très bien, je cours en 4'13 avec le coeur à 168 je suis toujours bien mais je m'aperçois qu'on a le vent dans le dos...ce que je craignais pour le retour.


C'est en entrant dans Vevey qu'on croise les premiers qui sont sur le retour. Le premier du moment a de l'avance. La première femme est seule aussi. Et moi je commence à craquer. Je mange régulièrement, je bois mais je sens que mes jambes fatiguent. Et en quelques centaines de mètres, ça craque, c'est affreux, il n'y a rien à faire, ça tombe d'un coup et on se sent tellement petit alors! Je ressens les apports glucidiques et je fais un peu le yoyo dans mon allure. Le ballon des 3h15 est bien loin maintenant.


Je passe au 21km en 1h40, pas de quoi faire un fromage et en pensant au chemin du retour avec tout de même un profil un peu plus montant je trouve, (c'est très personnel) je me dis que je ne pourrai jamais atteindre mon objectif : 3h20. Au moment où on fait demi tour, quelqu'un dans le groupe dit "c'est maintenant que la course commence!" Je suis bien d'accord avec lui. Jusque là j'étais bien, prenant le temps de regarder le paysage, de sourire aux gens, de taper dans les mains des enfants. Et en sortant de la ville au 25ème kilomètre, c'est le coup de pompe. Ce sont les muscles qui pêchent : j'ai mal sous le pied gauche, sous le "coussinet", ça devient insensible puis à la longue, ça chauffe et ça fait très mal. Mal aux fessiers, au tenseur fascia lata et au vaste interne. C'est rare quand ce muscle tire, c'est mon point faible.


Marre de piétiner sur le macadam, une fatigue sournoise s'insinue. J'ai beau avoir des chaussures neuves, j'ai l'impression de courir avec des tatanes raplapla. Je me redresse, je regarde devant, je corrige ma technique mais d'imaginer ce qu'il me reste à faire me décourage.


Je croise les derniers du marathon et une vieille japonaise qui trottine les pieds au ras du sol. Je lui ressemblerai sous peu.


Le long du lac avec le vent dans le nez, je ne double personne mais tout le monde me double. Et je ne trouve personne à ma main pour me protéger du vent. Quand le ballon des 3h30 me double, j'essaie d'accrocher, j'y arriverai presque mais non, pas la tête pour ça. Et puis dans le sillage de l'essaim, je trouve une femme en short noir, Regina dossard 723 qui me double. Je me dis : celle-là, tu l'accroches pour relancer. Je l'accroche, ça me permet de relancer, je remonte ma vitesse (5'05) et je me mets en mode "hypnose" : je fixe son mollet droit et rien que cela pour ne rien voir à côté. J'ai décidé de ne plus regarder les kilomètres ni l'allure, je n'atteindrai pas mon objectif, donc advienne que pourra. Il faut rentrer...et courir.


Je cours ainsi derrière elle pendant presque 7 bornes puis je décroche en m'arrêtant. J'ai besoin de m'étirer, de faire une pause. Finie la bonne allure, je me retrouve seule et bien fatiguée. J'avais mal mais là ça va être encore pire, oui c'est possible!! En fait c'est l'effet combiné des muscles raidis à la limite des crampes (même les abdos!!) et de la fatigue du mouvement répétitif. Ca me rend folle. Je cours 2 kilomètres en à peu près 6'20 puis je ralentis ou je m'arrête un court moment et je repars. Je ne peux rien avaler, j'essaie pourtant d'avaler une topette énergie et 15min plus tard, j'ai envie de vomir.


A partir du 37ème kilomètre, ça va devenir aigü. Cette fatigue mentale, cette usure de la foulée monotone est parfois plus forte que le reste. Je ne sais plus comment courir. Résultat : je vais terminer le marathon en pleurant de fatigue pendant 3 kilomètres. Mon Dieu ces 3 kilomètres, comme ils m'ont paru longs, infinis, torturants, atroces. Oui, j'utilise des mots forts mais ceux qui l'ont vécu me comprendront, non? Surtout ceux qui en ont bavé à un moment ou à un autre.


Je pleure, les lignes droites sont horriblement droites et longues... Je pleure parce que ça fait mal, je me dis que je ne peux en supporter davantage mais il faut tout de même encore encaisser, encaisser, avancer. Quand je marche sur quelques mètres, des concurrents sympas m'encouragent et je repars. J'ai l'impression que plus les kilomètres défilent (lentement c'est vrai), plus je mets du temps à les parcourir.


Puis Alleluïa, le km 41 est en vue !! Je me dis "c'est le dernier, c'est le dernier!" Je suis envahie par l'émotion, je continue de pleurer mais je m'accroche, je grignote doucement cent mètres par cent mètres. Les photographes sont là, j'essaie de ne pas faire une tête trop affreuse, difficile! Puis au bout d'une ligne droite interminable, enfin, enfin!


L'arrivée.


Après l'arrivée, des larmes encore plein les yeux, ça me soulage.


3h52'31", bien loin de mon objectif irréaliste. Mais j'y suis parvenue nom de D..., mes p... de jambes ont eu du mal. J'ai mieux géré mon trail de 42km dans l'Ubaye qu'ici mais ça n'a rien à voir. Il faut s'adapter aux conditions physiques, mentales et climatiques, au profil, à la boucle.


C'est ce qui est passionnant avec la course à pied et plus encore avec le marathon: la variété. Il n'y a pas 2 marathons semblables, ce qui est vrai un jour, sera faux le lendemain.


Et je me rends compte que je n'ai pas su préparer la course, ne sachant pas vraiment de quoi il retournait. C'était mon baptême du feu! Pour le prochain, à mon avis, un travail de sape sur la route pour se mettre la distance dans les pattes est nécessaire avec des sorties de 3h/3h30 au seuil. Bon j'apprends, c'est la vie! Mais malgré le mal, la douleur, les larmes, je ne veux pas décourager ceux qui aimeraient essayer. Et ce serait également mensonger de dire que c'est une partie de plaisir. En ce moment, je marche comme une grand-mère. A 80ans, je m'en souviendrai...


Quand on aime la course à pied et qu'on veut se lancer un défi, le marathon fait partie des rêves tout comme les skieurs de fond rêvent de la Vasaloppet. J'avais cette idée de franchir cette distance un jour ou l'autre mais j'étais intimidée par l'énormité du projet, je manquais aussi de confiance en moi. Et en en parlant avec des passionnés, ils ont réussi à me transmettre leur enthousiasme et je m'y suis mise. Je suis fière de l'avoir fait.


Mais je laisserai le mot de la fin à ma mère, qui a toujours le mot pour rire (jaune) : "Est-ce que ça a réussi à te dégoûter de la course à pied?"