mercredi 22 juin 2011

LE LIEN






LES DRAPS BLANCS


"Quel est ce lien qui nous tient vivant dans ce monde?..." chantait Grégory Lemarchal. Il faisait allusion à l'amour mais dans notre belle vallée du Valromey (oui la plus belle, soyons chauvin!) il s'agit de l'Amitié.

















"Nouer des liens, créer des liens". Voici le leitmotiv de Bertrand Guyot, habitant sur la commune de Songieu. Son idée a germé il y a à peine un an et s'est concrétisée grâce à son optimisme, sa bonne humeur, son énergie incroyable et son opiniâtreté.


Les "déchireuses"...


L'idée?


Rassembler les vieux draps blancs qui encombrent nos greniers et nos placards, les découper en bandes de 10cm, les nouer entre elles et en faire une oeuvre d'art collective et éphémère. Nouer les liens des draps et créer des liens entre les participants. Opération réussie!


Où?


Les séances de découpage-nouage se font dans différents endroits du Valromey prompts à accueillir de joyeux énergumènes armés de ciseaux et l'oeuvre d'art sera élaborée sur le site mythique de Chateauneuf, (commune de Songieu) sur des ruines très peu restaurées mais dans un endroit magnfique.


Combien?


Ce sont plus de 400 personnes qui ont participé à cette oeuvre collective qui mérite son nom! Ecoles, maisons de retraite, foyer CAT handicapés, privés, restaurants, centre de loisirs, Communauté de Commune, mairies et j'en oublie ! Un budget également défendu par Bertrand auprès des partenaires locaux afin de ramener quelques fonds dans le but de sécuriser le site avant de recevoir le public. De ce fait, une belle barrière en bois a été construite devant la falaise et sur le belvédère. Ce sont aussi près de 37km de bandes de draps mis bout à bout qui ont été amenés sur le site en vue de créer les oeuvres.


L'opération du comptage en km.


Et des centaines d'heures de travail de la part de tous pour rassembler, découper, nouer, entasser, démêler(...), coudre, assembler, construire, élaguer, monter, créer, façonner, rectifier, gonfler et... admirer !!!


J'ai participé à 2 soirées de découpage-nouage. J'avoue qu'au début je me demandais bien ce que voulait dire cette histoire de liens, ce que ça allait donner. Encore une lubie d'illuminé? Puis mes parents m'ont dit, à l'issue de la première séance au restaurant le Coq'ain à Hotonnes, qu'il y avait une ambiance du tonnerre, qu'ils s'étaient bien amusés avec des amis et des gens avec qui ils avaient fait connaissance et que je devrais venir voir, pour voir...


Ok, rendez-vous était pris pour la seconde séance aux Plans d'Hotonnes chez Lise Dalin, au Bon Plan avec apéro, petite restauration avant le travail. Il y avait pas loin d'une 40aine de participants, jeunes et moins jeunes et je peux dire que l'ambiance y a été très festive et détendue. M'étant habillée de noir, je regrettai rapidement mon idée... Il faut dire que quand on découpe des milliers de bandes de draps, une fine poussière de coton plane dans l'air, s'accroche aux vêtements, irrite et assèche les gosiers, se dépose sur tout le mobilier en moutons légers.


Il y a ceux qui découpent, ceux qui nouent et chez ces derniers, on retrouvait des spécialistes venus pour battre les records! Autour d'eux s'entassaient des tas de bandes nouées qu'il fallait prendre garde à ne pas mélanger au risque de se retrouver avec une énorme boule de noeuds à défaire. Bertrand et sa femme Géraldine s'occupaient de mesurer la longueur et annonçaient en fin de soirée :"6.5km!" ou "7.3km!" et on s'extasiait tout autant qu'on se demandait si la distance voulue de 40km serait atteinte à temps! Bertrand "l'apache" pendant une soirée!




A BOULETS BLANCS


Pendant ces soirées, j'ai effectivement noué des contacts avec les inconnus présents, discuté avec les forces en présence et ce projet a effectivement atteint son but de resserrer les liens entre habitants du Valromey, gens de passages et volontaires enthousiastes.


Ensuite, suivant les disponibilités de chacun, le travail s'est concentré sur le site de Châteauneuf où l'artiste, Bertrand Guyot, s'est chargé de décrire, de mettre en place les oeuvres imaginées avec l'aide de tous les présents. Je n'ai pu être présente qu'une seule demi-journée et ma mère m'a raconté un peu comment cela s'était passé sur les autres semaines.


BERTRAND GUYOT


Toutefois, quand je suis arrivée sur place, une chose s'est imposée à mon esprit comme une évidence : Bertrand est l'artiste, le concepteur du projet et ses idées très arrêtées. Il fallait donc obéir à ses injonctions, à ses demandes sans discuter car il s'agissait de ses propres idées. Et si nous avions dû y mettre chacun notre grain de sel, cela serait devenu incontrôlable et aurait perdu tout intérêt. Je crois que tout le monde l'a compris et c'est pourquoi l'exposition est si réussie.


Pendant toute une après-midi, nous avons construit un mur de pierres sèches, avec Marie-Cécile et Marie Jeanne, nous avons démêlé des noeuds, étendu des bandes par terre, pris notre mal en patience, heureusement sous un soleil magnifique. C'était étrange de se dire que nous agissions de notre plein gré pour concrétiser le projet de quelqu'un et grisant de se sentir acteur, actrice de cet évènement. La personnalité de Bertrand y est pour beaucoup. En toute circonstance, il a gardé son calme, a respecté le travail des autres, a été l'homme orchestre d'un projet assez fou. En face de lui, nous ne pouvions que suivre sa bonne humeur. En calquant notre humeur sur la sienne, tout s'est très bien déroulé!


J'ai gardé des courbatures aux jambes et au dos pendant quelques jours, d'autres aussi qui sont restés sur le site pendant plus longtemps que moi mais c'était pour la bonne cause.


Le jour de l'inauguration, le soleil et la lumière étaient au rendez-vous. De loin, je voyais les ballons gonflés au dessus de la tour. Sur place, tout était prêt.


Les maires concernés, le président de la C.C et le public étaient là, nous étions tous fiers d'admirer le travail collectif, de le montrer à d'autres, de déambuler tranquillement dans le lieu qui avait retrouvé son calme et sa paix, magnifiquement décoré d'oeuvres en blanc.


Je vous invite bien-sûr à aller visiter le site jusqu'au 31 juillet. Ce sont des oeuvres éphémères qui évoluent avec le temps et la météo et elles sont bluffantes!


LE FILET








LA FONTAINE


Mes préférées? Le mur et le dallage, la fontaine, le labyrinthe et surtout, les arbres qui coulent!


Bienvenue chez nous!
LES ARBRES QUI COULENT

dimanche 8 mai 2011

CUVERY, CROSS EN FAMILLE

Dimanche 8 mai, cross de Cuvéry : Les 2 petits costauds sont de la fête cette année : mon fils EGOR et son meilleur copain BLAISE se sont alignés sur 1 km en catégorie microbe. Fiers avec leur premier dossard sur le dos, ils ont reconnu le parcours en marchant avec moi puis se sont élancés en groupe plus tard. Je ne les ai hélas pas vus car j'étais en course avec ma fille au même moment. Ils ont couru tout le long, Blaise est tombé à cause d'un croche-patte mais ils sont arrivés avec le sourire aux lèvres, ils ont eu une médaille, une casquette et Egor a même gagné une poule en chocolat noir (délicieux!) au tirage au sort!!







Quant à ma fille Leyla, je lui avais proposé cette année, cadette en athlétisme, de faire les 13km. Bien qu'elle soit en reprise d'entrainement après la pause hivernale et qu'elle ait passé la semaine à Paris avec le centre de loisirs Aigle, elle s'est courageusement attelée au défi.


C'est elle qui a porté le dossard, moi je l'ai suivie pour lui tenir compagnie et la soutenir sur ce parcours finalement difficile pour une jeune fille de 15ans!


Armée d'un Suunto prêté par mes soins, la voilà prête au départ!!

Maman et sa fifille avant de partir. (oui elle est plus grande que moi...)



Avec 2 sorties de courses à pied, j'ai dit à Leyla que son objectif sur ce 13km était de terminer en moins de 1h30. Partie dans le rythme, je lui ai conseillé de s'occuper à toujours bien souffler pour éviter les points. Au fond de la combe de Merlogne quand la route forestière monte raide, elle devait courir au train le plus haut possible. Elle n'a marché que 200mètres. Ensuite, avant le 1er ravito sur le terrain vallonné, elle a récupéré. Je regardais chaque fois sa montre pour voir à combien était sa F.C.


Elle a bu un peu et elle est repartie. Là, son coeur s'est bien calmé jusqu'au 2ème ravito à Cuvéry où elle est passée en 40min.


A partir de là, je lui ai décrit le parcours à venir et conseillé de prendre un rythme qu'il lui faudrait tenir jusqu'en haut, au train, sans dépasser 175. Ce qu'elle a fait brillamment !! Elle soufflait bien, courait avec une belle foulée, appliquée comme elle l'est toujours!! J'étais impressionnée.




Nous sommes passées aux différents contrôles toujours animés par des bénévoles sympas et habitués. Et j'ai pu prendre des photos! Là, c'est le contrôle au sortir de la forêt avec des jonquilles sur le bord du chemin, très mignon!




Un petit coup à boire et ça repart! La température était douce, ciel voilé, idéal.



L'autre contrôle avec les encouragements à la cloche !! Merci à tous ces volontaires!




Leyla a bien avalé la partie montante au rythme que je lui avais donné, je courais à ses côtés, c'est elle qui faisait l'allure. Puis après la ferme de Retord, retour en descente sur le chemin, endroit délicat car il faut forcer pour aller vite et on a l'impression que le coeur va nous exploser dans la gorge!!



Leyla va réussir à bien s'accrocher, à se donner à fond sans avoir de point de côté handicapant et franchira la ligne d'arrivée en un temps de 1h25'44. Bravo à elle! J'étais très fière de ma fille! Elle venait d'atteindre son objectif et je ne m'attendais pas à ce qu'elle courre aussi bien, aussi vite et aussi longtemps. Quelles ressources elle peut cacher!! Sur la courbe du Suunto, on a pu voir qu'elle a fait 48min au seuil et 90% de sa course au dessus de 168. Pouls max à l'arrivée: 198.



Une petite photo souvenir avec la 1ère cadette Portefaix qui gagne en 1h17, une habituée du cross qui promet d'être une bonne séniore!!



La première femme est une anglaise SHAW qui gagne en 1h02; Bravo à elle!! Et bravo à ceux et celles (nombreuses) venus courir dans ce beau coin du Retord. Le 1er homme CHICHOUX est en 49min.



Et toujours des grandes félicitations à l'organisation dynamique, efficace et sympathique de la Valserine, du club de Bellegarde, des gens de Cuvéry-Retord. Les lots étaient superbes (séjour gratuit à Morzine), le tirage au sort intéressant avec animaux en chocolat, veste, shorts, sacs à dos, bâtons de marche à gagner. De quoi fidéliser les participants.



Les enfants reviendront c'est certain! J'ai remarqué qu'il y a beaucoup de petits puis très peu de cadets et ensuite beaucoup de séniors de nouveau. Tant mieux si les gens reviennent à la course à pied après 25ans, c'est tellement agréable !

















jeudi 28 avril 2011

PROMENADE EN SOUS BOIS











Egor, caché dans les ombélifères




La petite famille en promenade. Le temps est de nouveau printanier, capricieux et orageux (comme Egor) ce qui favorise la pousse des plantes. (des belles plantes!)




La raiponse en épis (qui est blanche) et sa copine la raiponse globulaire (bleue), à la tige plus ou moins longue, sont de la même famille et se trouvent souvent dans les bords de chemin, les prés en moyenne montagne.






Ma grande fille qui a trouvé une longue tige de pissenlit, la joie des gamins qui se les soufflent au visage !!





Aconit ou ancolie??? Je pencherai pour la seconde, attention TOXIQUE ! Ne la ramassez pas!!





Le sceau de Salomon que l'on trouve en ce moment sur les bas-côtés au bord des routes.



...ou comment aider les graines à se planter plus loin...




Mes fleurs préférées, les narcisses !! Comme pour les jonquilles, pas plus d'un bouquet par personne !



...comme mon petit bout de chou !





La parisette, plante des sous-bois toxique !!




Un petit étang au bord du Séran au sud de Préou





Où l'on aurait bien laissé tomber Egor !!



On remonte à Hotonnes en ramassant des pierres plates de toutes formes dans le lit à sec du Séran. Ce cours d'eau, victime du profil géographique calcaire et karstique, disparaît et réapparaît au gré des pertes et résurgences au fil de son cours. Son apothéose se situant au dessus de Cerveyrieu lorsqu'il se jette du haut de la cascade du même nom. Magnifique quand elle est en crue! Magnifique en ce moment aussi à sec car on peut mieux observer ses canyons et gouilles d'eau impressionnantes de profondeur.


Cascades de Cerveyrieu, du trou de la Marmitte, de la Charabotte, trois sites exceptionnels et préservés à découvrir dans notre beau Bugey !!


























jeudi 21 avril 2011

LE PRINTEMPS SUR UN PLATEAU

Montée vers le sommet du Crêt de Chalam.






Avec ces belles journées d'avril, plus fraîches qu'en début de mois, avec encore de la gelée blanche le matin tapie au fond des combes froides, il est recommandé d'aller se ballader partout! Les sous-bois sont secs et odorants, l'herbe des prés encore rase, les bêtes pas encore au pré, la lumière crue et éclatante. C'est très agréable et il faut vraiment pousser la promenade au delà du fond du pré où se prélassent les jonquilles, entrer dans le chemin forestier, écouter les oiseaux chanter, se laisser surprendre par une biche à une lisière de forêt, par une combette inconnue qui vous charmera, par un détour du chemin où vous aurez envie de vous poser pour une petite sieste de luxe sur un gazon naturel et doux. La nature est encore ouverte (en respectant les propriétés privées, il va sans dire) profitez-en!





















On peut aussi admirer nos fleurs de région, voici quelques spécimens de saison:








En sous-bois, le sapin reconnaissable à son tronc blanchâtre et strié de crevasses.










A ne pas confondre avec le tronc du hêtre, ou "fayard" gris clair et lisse.








Le tronc de l'épicéa, marron clair et recouvert d'écailles.








Les aiguilles de l'épicéa entourent la branche et sont piquantes.










Alors que les aiguilles du sapin se répartissent de chaque côté de la branche, à plat, brillantes.








Le bois-joli, arbuste fleuri et toxique, attention !










L'érythroëne tête de chien avec ses feuilles tachetées comestibles, au petit goût de noix de coco.






La gentiane printanière au bleu éclatant !










La jonquille, ne ramassez qu'un tout petit bouquet, elles se font rares !!! Please!








La gentiane de Koch, en forme de trompette.








Une pousse d'épicéa sur une souche, au petit matin.

Les fourmis à pied d'oeuvre sur leur monticule.




Photos prises cette semaine dans la combe de Merlogne, à Cuvéry.

























mercredi 26 janvier 2011

MOTS VALISES

Quelques exemples de mots valises crées par Alain Créhange "le Pornithorynque est un Salo Pare" :

ABDOMINO : Muscle ventral de forme rectangulaire, sur lequel se développent les points noirs.

ABSENTHEISME : Doctrine religieuse qui affirme que Dieu existe mais qu'il n'est pas là en ce moment.

AILEPHANT : variété de pachiderme volant dont Dumbo est l'unique représentant connu.

ANORAKSIQUE : se dit d'un adolescent qui, lors d'un séjour aus sports d'hiver, refuse de s'alimenter jusqu'à ce qu'il puisse de nouveau rentrer dans ses vêtements de l'année précédente.

AUTOBIDACTE : personne qui, par ses seules facultés et sans l'aide de qui que ce soit, est parvenue à un échec cuisant. "L'autobidacte qui, dans la vie, est parti de zéro pour n'arriver à rien dans l'existence n'a de merci à dire à personne! " Pierre DAC.

BASILICONE : edifice religieux où l'on adore le vrai Dieu et les faux saints.

BATRHACIENDA : grande propriété foncière d'Amérique latine consacrée à l'élevage des grenouilles.

BOUILLABBESSE : mère supérieure préposée à la cuisine dans les couvents de Provence.

CALIMEROVINGIENS : lignée de rois de France dont les représentants, bien que nés coiffés, furent poursuivis par un sort vraiment trop injuste.

CAPOTHICAIRE: ancien terme pour désigner les vendeurs de préservatifs.

CARAMELITE : assitante de la bouillabbesse, qui prépare les pâtisseries et les confiseries.

CHASTEROIDE : petit corps céleste qui se tient éloigné de Vénus.

ETC...

dimanche 2 janvier 2011

PROSIT NEUJAHR !!





















BONNE ANNEE 2011 !


Pour cette saint Sylvestre, j'ai emmené mon petit monde (mes parents, mes enfants) dans la montagne sous les étoiles. Ca faisait longtemps que je voulais faire ça, une soirée dehors, devant un feu ou dans un chalet d'alpage, dans la montagne.


Faute de chalet, nous avons trouvé un endroit en balcon protégé de l'air froid par les arbres. L'après-midi, nous avons profité du jour pour faire des réserves de bois mort de la forêt. Puis le soir, nous sommes revenus vers 22h à pied avec tout le nécessaire pour passer une bonne soirée : vin rouge, vin mousseux "Cerdon", jus de fruits pour les petits, saucisses à griller sur le feu, chips, viande des grisons, saucisson et patates chaudes, dattes, chocolat...



Moi qui peut me vanter de savoir allumer un feu, je n'aurai pas cru qu'il fût si difficile de le faire en hiver, quand le bois est froid, imprégné d'humidité. Malgré les brindilles sèches, le bois ne se consummait pas. Si j'y avais pensé, j'aurai récolté du lichen ou amené une bûchette de bois bien sec (mélèze ou bouleau) et y prélever des copeaux avec un couteau bien aiguisé.


Mon père m'a montré le truc imparable : une bougie. Vous coupez une bougie longue en deux, vous la plongez dans les petites flammes et sa matière va se consummer en pétillant et faire prendre le feu. Mais celui-ci a mis 2 heures avant de diffuser réellement sa chaleur.


Pendant la montée à pied, le chat nous a suivi, on voyait bien ses yeux luire dans la lumière des lampes frontales.


Impossible de voir des animaux, les enfants apeurés parlaient en criant très fort, histoire d'éloigner la peur du noir ! Pendant que nous mangions autour du feu, ils faisaient de la luge dans la pente, fonçant dans le noir avec de grands cris, poursuivant la bouteille de vin vide sur la neige glacée!


Puis quand minuit a sonné, j'ai allumé quelques fusées made in China assez décevantes. Bon ce sont bien les chinois qui ont inventé la poudre mais ils se sont reposés sur leurs lauriers depuis...


Les enfants étaient enchantés. Et nous aussi. L'an prochain, nous ferons certainement mieux, dans un autre endroit, nous viendrons plus tôt pour que le feu ait le temps de chauffer, nous achèterons de vraies fusées et nous prendrons des peaux de bête car ma mère qui est restée assise a eu froid... aux fesses.



Couverts de suie, les enfants sont redescendus en glissades jusqu'à la maison, ne s'éloignant jamais du cercle de lumière de la seule lampe, hurlant quand mon père l'éteignait. Et avec ma fille, nous sommes restées devant le feu mourant, le visage près des braises et nous nous sommes laissées emporter par l'effet hypnotique des flammes, semblable à celui de l'eau et des vagues. Nous serions bien restées dormir là, c'est ce que nous ferons l'an prochain !!
Ma fille a vu plein d'étoiles filantes. Jupiter a luit jusqu'à 23h et les autres étoiles n'étaient pas en reste. La lune se reposait, la nuit était noire.


C'était une bonne idée, simple, drôle dont les enfants se souviendront sans doute longtemps.
Meilleurs voeux à tous, que cette nouvelle année vous apporte tout ce dont vous rêviez, soyez fous!







dimanche 26 décembre 2010

Ayant vaincu mon complexe d'infériorité ou ma timidité, c'est selon, je me suis portée volontaire pour aider à l'encadrement d'une coupe d'europe de ski de fond les 18 et 19 décembre dernier avec l'équipe de France.
Nous nous sommes rendus en Autriche à St Ulrich am Pillersee (à côté de Hochfilzen) avec 18 skieurs sélectionnés (juniors et séniors) pour 3 courses : un KO sprint en skate, un 10km en skate et une masstart en classic. La neige y était au rendez-vous, le froid aussi avec 2 jours à
-17°. Les conditions sont restées stables pendant tout le séjour : neige fraîche et froide avec un fond dur, -10° en moyenne.

Je connais parfaitement le circuit coupe du Monde-coupe d'Europe en biathlon, l'ayant fréquenté pendant 10 ans. Mais depuis ma retraite puis ma reprise en tant qu'entraineur en 2007, le monde du ski de fond avait changé et mes déplacements en coupe du Monde de ski de fond dataient de 1991...! J'étais consciente de mes lacunes : reprise de contact avec le fartage de retenue, avec la technique du classique qui avait considérablement évoluée, avec les nouvelles têtes que je ne connaissais pas, etc. Je me sentais parfaitement ignorante de bien des choses et mettait à contribution immédiatement mon esprit d'observation pour combler les trous de mémoire. Et quand j'appris que les entraineurs de région pouvaient accompagner l'équipe de France en déplacement sur les courses européennes, j'ai été à la fois intéressée et découragée. Intéressée car je savais qu'avec l'élite, je progresserai. Découragée car je m'imaginais que je ne m'en sortirai pas.

J'ai attendu 3 hivers avant de me décider. Et j'ai postulé pour cette coupe d'Europe mi-décembre qui ne me demandait pas trop d'organisation pour mon remplacement dans ma région. Une fois que j'ai pu mettre en place les 2 entrainements où je serai absente chez moi, j'ai pu partir la tête légère et l'esprit curieux !

Je connaissais tout le staff (nous étions 6 au total) : Mathieu Fort, l'entraineur des juniors. Gérard Durand-Poudret qui s'occupe de l'aspect technique et fart. Philippe Grandclément, intervenant de qualité sur les stages des juniors et au pôle France à Prémanon. Thibaut Chêne, CTS du comité Alpes-Provence. Jean Hemaury (je ne suis pas sûre de l'othographe du nom...) responsable des séniors du comité du Massif Jurassien. Et moi-même.

Moi qui met un point d'honneur à toujours organiser correctement les conditions de travail sur le terrain et de distribuer au plus juste le rôle de chacun, je n'ai pas été déçue. L'organisation était tip-top, le matériel impeccable, l'entente très bonne et la communication correcte.

Mon rôle a consisté à faire des skis à tour de bras. Je m'explique: d'abord farter les skis en glisse: sur les skis tests, appliquer une base, la râcler, la brosser. Appliquer ensuite la poudre ou le produit fluoré avec un masque de protection, faire refroidir les skis et brosser, brosser, brosser...

Une fois que les skis ont été testés, une tendance, un choix est fait quant au fart à mettre pour la course et nous l'appliquons alors sous les skis des coureurs. Chaque coureur donne 1 paire de ski déterminée la veille. A 6 coachs, farter 18 paires de skis ne nous prenait que 1h30 au max. En région, c'est différent. Quand le coach est seul avec 10 paires de skis, il se couche vers 2h du matin!

Avec notre masque sur le nez pour se protéger des émanations étoilées du fluor chauffé à blanc, il fallait étaler la poudre sur les skis, la chauffer, la relever avec une petite brosse, la refaire chauffer. Sortir le ski dehors. Puis brosser avec une brosse dure, avec une brosse moyenne puis une brosse souple. Quand on veut que le travail soit parfait pour une glisse excellente, il faut donner entre 100 et 150 coups de brosse sous chaque ski !!

Puis le jour de la course, on se répartit sur la piste pour les encouragements et les renseignements de temps, avec des bâtons pour parer à toute éventualité de casse. Là, il faut prévoir LA grosse veste chaude, LES chaussures chaudes pour rester 1h30 à 2h les pieds dans la neige pendant la course sans trop bouger. J'emmène toujours un petit thermos de thé. Et j'ai une veste ouatinée longue et épaisse absolument idéale pour ça.

Sur cette coupe d'Europe, les juniors ont fait des courses superbes. Quand je les renseignais, c'était pour leur donner des temps par rapport au premier à quelques secondes ou pour leur dire qu'ils étaient premier! Suspense! On a tous un talkie et on écoute avec attention le déroulement de la course et du classement sur les autres endroits de la piste qu'on ne voit pas. On fait passer des infos telles que :" dis-lui de bien relancer!" ou "Il faut qu'elle sorte des traces en descente!" etc. J'ai pu me rendre compte du niveau européen où les allemands et les suisses sont à la bagarre avec les français. Où les filles ont encore beaucoup à faire pour performer en tête de course, malgré leur motivation. Je me souvenais du temps (lointain) où j'étais moi-même en course.

De retour sur le stade, je félicite les français montant sur le podium et je dis un mot à celui ou celle qui m'a inspiré un commentaire. Ils ne me connaissaient pas bien, moi non plus, c'était l'occasion de briser la glace. Ce sont tous des jeunes gens très intéressants et sympathiques, avec des qualités physiques en devenir ou déjà établies, avec des mentalités différentes dont il faut tenir compte.

Le dimanche, Paul Goalabre avait gagné le KO sprint junior et le 10km skate. Et Alexis Jeannerod avait prit la 2ème place du 10km skate et du 15km classique. Ca fait plaisir! Avec de bons skis, comparés aux autres nations.

Je suis rentrée avec la satisfaction d'avoir surmonté mon manque de confiance car les choses se sont bien passées et j'espère avoir bien travaillé. Je me sens surtout décomplexée car je travaille finalement correctement dans ma propre région et 1 ou 2 déplacements de ce type par hiver est idéal pour se perfectionner, pour prendre part à la bonne marche des jeunes équipes françaises et pour se familiariser avec le milieu. C'est une expérience à renouveler l'an prochain.

Pour info, les championnats du Monde juniors auront lieu en février à Otepää en Finlande avec 6 garçons et autant de filles je pense. Un junior bien placé (dans les 10 voire les 5 premiers) dans une course mondiale est un futur sénior de talent. Exemple : Maurice Manificat, champion du monde junior.

Les nordiques (Norvège, Suède) ont un certain réservoir de jeunes talents tant en filles qu'en garçons. Et en Europe, il faut toujours compter sur les italiens, les allemands, les suisses depuis quelques années et quelques français. Il y a toujours des individualités pouvant pointer dans une nation : République Tchèque, Pologne, Slovénie grâce aux parcours encourageants de séniors confirmés.

Au niveau mondial, les russes ont un vivier impressionnant de jeunes pousses rapides mais ils ont fait des vagues l'an dernier à cause de contrôles antidopage positifs. Qu'un sénior soit pris positif, ce n'est pas normal. Mais qu'on puisse trouver des juniors positifs, des jeunes gens d'à peine 18 ans, je trouve cela scandaleux! C'est les faire baigner dans la triche et la m... dès le plus jeune âge en les y forçant le plus souvent, c'est leur présenter le sport sous sa forme la plus honteuse (ne pas respecter les règles) et c'est leur forger une mentalité tronquée dont ils auront du mal à se défaire pour le reste de leur carrière (s'ils passent à travers les contrôles..). Quand le dopage est étatisé, les juniors ne sont que les derniers maillons de la chaîne, que la conséquence d'un système pourri où tout le staff est fautif, du médecin à l'entraineur, en passant par le président de la fédération au kinésithérapeute.

De mon humble avis et d'après mes observations, il y a plusieurs types de dopage : le dopage à l'échelle de l'équipe, de la fédération où tout le monde est impliqué en ayant l'idée plutôt de compenser un manque et en croyant être dans son bon droit.

Le dopage individuel où l'on trouve un athlète s'entrainant souvent seul avec son propre staff, écarté, se tenant éloigné des autres, fragilisé mentalement parfois et manquant de confiance en lui mais avec la ferme intention de combler son retard, ses lacunes, ses faiblesses avec un ou des produits miracles ou encore de prendre sa revanche sur une personne ou un système qui l'a lâché.

Enfin, le dopage "erreur" où l'athlète a avalé un produit acheté sur internet sans penser qu'il serait "sale", où il a pris un sirop pour la toux à la codéine inoffensif mais interdit etc. Aucune intention de tricher dans tout ça, de la naïveté, de l'innocence (au sens juridique) et souvent la même sanction que pour les autres "types" de dopage.

Le ministère des Sports tient à la disposition de chacun la liste des produits dopants et référencés mais ce n'est pas si simple. Au niveau régional, il faut souvent rappeler aux jeunes de faire attention quand ils sont malades et qu'ils vont à la pharmacie. Sur les courses nationales, des contrôles antidopage sont régulièrement mis en place et de façon impromptue, il est important de respecter les règles et surtout de rester vigilant sur ce qu'on avale.

Je m'égare un peu de mon sujet premier...
Quoiqu'il en soit, la détection, la préparation, l'affirmation des jeunes skieurs est un sujet perpétuel de conversation entre entraineurs, alimenté par ce qu'on observe chez nos voisins. Et c'est passionnant, toujours en évolution.

Regardez les résultats sur ffs.fr ou sur fis-ski.com. Bon ski !