dimanche 29 avril 2012

DE FERME EN FERME

En cette belle journée, partis à la découverte du patrimoine culturel et surtout gastronomique du Bugey, nous nous sommes arrêtés dans la bergerie de Munet.
Chaque année, à l'occasion des journées portes ouvertes, les propriétaires de cette bergerie: Katharina Henning et André Pétroud, reçoivent des centaines de visiteurs en 2 jours, preuve que leur succès n'est pas volé. Nous avons suivi la visite du laboratoire où Katharina fabrique ses fromages. Sa passion pour les fromages n'a d'égale que l'amour de son mari pour ses vaches! Avec du lait de vache, de brebis et de chèvre, elle crée des fromages vraiment originaux et parfois même sur commande! Elle mélange les techniques de fabrication pour arriver à de jolis fromages délicieux et son expérience fait le reste. Dernièrement, ils ont creusé 2 caves sous la maison pour pouvoir affiner plus avant leur production et ne dépendre que d'eux-même. Katharina est en train de mettre au point 2 fromages inspirés de la raclette et du comté afin de passer la production de lait des vaches de son mari.
Ils ont des cochons qui adorent le petit lait et qui en dernier lieu, font d'excellents saucissons...
Et d'adorables petites chèvres chamoisées produisant 2 litres de lait par jour.
Les chevrettes et les brebis qui elles, donnent jusqu'à 2.5l de lait. Comparé aux vaches et leur 25 litres de lait journaliers, il faut beaucoup de caprins pour assurer une bonne production de fromages. C'est 12 h de travail par jour! 6 h en laboratoire pour la fabrication et le reste dans l'écurie pour soigner les bêtes.
Les brebis de 3 semaines. Bien-sûr, il ne faut pas comme mon père, penser au gigot d'agneau...
Et le bouc qui ne "travaille" que quelques semaines par an, en automne. 5 mois plus tard, les petits naissent. C'est l'agnelage.
La production: les bûchettes au lait de vache. J'étais étonnée, lors de la dégustation, que leur goût fût plus fort que les autres.
La tommette de brebis, avec des affinages différents ainsi que pour les fromages de chèvre. En maturité avancée, ils ont du caractère sans être des fromages qui puent, ils gardent un tenue en bouche et des parfums fruités.
Le saucisson de chèvre, très doux et fin, peu gras.
La tomme de vache.
Katharina est présente sur de nombreux marchés: Champagne en Valromey, Artemare, Belley et fournit les paniers de l'AMAP du Bugey. Elle a crée des fromages de chèvre au coeur crémeux, un fromage de chèvre inspiré de la recette du camembert dans son affinage. Il y a plusieurs façons de faire un fromage et la cuisson, la presure, l'affinage sont tous des acteurs dynamiques déterminants pour créer un fromage. Ce ne sont pas des fromages pasteurisés élaborés dans des labos blanc, neutres et stériles mais des fromages naturels nés de l'inventivité et de l'inspiration de sa créatrice.
Bien-sûr, ces fromages sont tous certifiés BIO ! Et vendus avec le sourire!!
Fabriqués au pied du Colombier, du côté le plus abrupt.
Après le fromage, le miel !! Direction les Ruchers de l'Arvière chez les Lanthelme à Vaux-Moret, sous Vieu, près de la source du Groin. Un petit coin de paradis assez impossible à trouver où Frédérique récolte son miel avec le sourire et elle aussi beaucoup d'imagination.
Sur l'étal cet après-midi, des pots de miel en verre ou en plastique et au choix: miel de printemps très sucré, miel de tilleul, de chataignier, de fleurs, d'accacia. Palets au miel, pains d'épices miellés parfumés à l'orange, une sorte de guimauve au miel et du nougat. Il y a aussi des pots de miel où baignent des noisettes, un pur régal !!
Et pour bien finir la journée, on a poursuivi la promenade jusqu'à la source du Groin à quelques pas où la résurgence était pleine d'une belle eau turquoise. Après des recherches, des spéléologues ont conclu que cette source venait du plateau du Retord. Logique puisqu'avec la neige tombée en abondance ces derniers jours, la fonte a rempli la vasque. L'an dernier à la même époque, le trou était à sec. Et c'est assez profond. C'est une source dangereuse. Pourquoi s'appelle t-elle le groin? Sans doute parce que quand elle se remplit, elle glougloute comme un cochon qui couine... Dangereuse car elle a déjà engloutit plusieurs imprudents. Ses gorges en aval sont profondes et lugubres.
Ne manquait que le vin que nous aurions pu déguster chez Sylvain Bois à Béon, ce sera pour l'année prochaine!!

lundi 16 avril 2012

APFEL SAFT

Oui, je suis en retard... Ces photos datent d'octobre mais mieux vaut tard que jamais!
En 2011 donc, la récolte des fruits a été exceptionnelle. Sur un seul pommier, mon père a ramassé 100kg de pommes. Avec un ami, ils ont décidé d'unir leurs récoltes et de faire presser les fruits.
Heureusement, de telles choses sont encore possibles aujourd'hui, grâce à l'amour de certaines personnes pour la tradition. A Champagne, monsieur Guillet nous a accueilli chaleureusement et nous a aussi prêté son pressoir gracieusement. Ca a été une belle leçon pour nous. Egor a profité du spectacle. C'est beau de garder cette tradition vivace!
Par une belle matinée d'automne...


...nous sommes allés faire presser les pommes au pressoir antique.


Egor à côté du pressoir.


La récolte: pas loin de 300kg de pommes, quelques poires.


Monsieur Guillet en train de verser les pommes dans le "râpeur", une machine en entonnoir au fond de laquelle un rouleau avec des dents inégales râpe les fruits. Si le rouleau avait des dents égales, les fruits resteraient coincés. Et on ne peut pas non plus jeter les fruits tels quels dans le pressoir car ils ne pourraient exsuder leur jus de la même façon.


Après avoir râpé tous les fruits, versé la pulpe dans le pressoir, posé les planches en chêne lourdes sur la masse et actionné le système mécanique, le premier jus coule...


Puis le jus coule de plus en plus et il faut le transférer dans des géricanes...propres! Ca sent bon !


Je n'ai pas pu prendre en photo le petit-fils de monsieur Guillet en train d'actionner le mécanisme et c'est bien dommage! Je ne saurai le décrire mais je vais essayer!! En haut du poteau central, il y a un système à crémaillère à 2 sens. Oui, oui! Il y a une couronne en acier avec des encoches dans lesquelles il faut enfiler un bâton. Et c'est là qu'il faut être costaud même si c'est décuplé. On pousse ou tire selon le sens. Et pour changer de sens, il y a un clou à déplacer dans la couronne et le système part à sens inverse. C'est-y pas génial?
Alors, quand le fil du jus qui coule devient plus fin, il est préférable d'arrêter la pression. Au début du mou, le jus est délicieux mais n'a pas le même goût qu'à la fin, où le goût plus âcre des pépins écrasés se fait sentir. On démonte donc entièrement la machine...


Et on découvre la galette de fruits écrasés. Et avec ça, monsieur Guillet fait de l'alcool de pomme. Dans un grand tonneau en plastique, il alterne une couche de pommes, une couche de sucre. Il laisse macérer 6 mois puis fait bouillir car il a le droit, il a aussi sa licence de bouilleur de cru.


Ca, c'est le pressoir avant d'être démonté après avoir tassé les fruits.


Et ça, c'est mon fils à Halloween!


On a eu 250 litres de jus de pommes!! Et quelques désagréments de débutants... Après avoir mis tout le jus en bouteille à la cave, on a été obligé de tout remonter, de faire bouillir les bouteilles pour les stériliser car ça fermentait grave! Et grâce à ça, on en boit encore en avril! Délicieux! On sait d'où vient le jus, il vient du jardin, de notre terre et ça fait du bien.
Santé!

FRIENDS


Je voudrais remercier toutes celles et ceux qui viennent visiter mon blog, pas si nombreux mais j'espère que ça va changer...
Merci à ceux qui ont laissé des commentaires, vos messages de soutien cet automne, votre patience quand je reste des semaines sans écrire et votre tolérance à la lecture de ces messages...
Je vais continuer à raconter mes bêtises, à poster mes photos d'amatrice parce que j'aime bien vous embêter après tout!!

WINTER MEMORIES

Quelques photos pour remonter le temps de cet hiver, les podiums, les équipes, les anecdotes... Souvenirs...


Mon petit Egor sur la machine à bras surnommée "Karachov", ça l'amuse!


Le nouvel an à Tignes avec ma soeur, sous la neige sur le front de neige et la fête!!


Le superbe sapin de Noël sur la place de Megève, décoré de cristaux de Swarovski.


Les ingrédients de la fondue, maintes fois appréciée en cet hiver glacial! Huumm!


La belle surprise de l'année: Egor et son père Oleg, de passage en France à Bessans, une rencontre incontournable et ô combien importante!


Les cadettes Laurie, Margot et Mégane découvrant leur cadeaux après leur 3ème place aux UNSS.


Les mêmes chipies...


Encore elles, sur le podium aux UNSS de Boréon


Pour la journée raid du stage des cadets, un temps de rêve, une neige poudreuse, fraîche et profonde où on s'est bien amusés!


Avec Margot


Malory


Egor en ski alpin, il s'est bien débrouillé.


Des antiquités...


Antoine Michel, le contraire d'une antiquité... Un grand espoir qui a fait un podium en fond sur la dernière course des championnats de France cadets. Merci!


Son concurrent et néanmoins ami, Jules Lapierre qui a (presque) tout gagné cet hiver, avec talent et simplicité.


Et enfin Alexandre Béréziat, champion de France de la masstart ski de fond, transfuge du biathlon le temps d'un week-end. Il sera aussi successfull en biathlon, no problemo!

lundi 2 avril 2012

LEYLA, SUITE

Leyla a terminé ses traitements depuis la mi-mars, les 6 mois de chimiothérapie et les 12 séances de radiothérapie sont derrière elle. Après une petite phase de repos, elle a reprit le chemin du lycée et celui du sport aussi car elle a absolument tenu à venir voir les championnats de France à Bessans. Elle en a profité pour faire un peu de ski, avec succès! Cet hiver, sa 1ère séance s'était soldée par des chutes lourdes, de mauvaises sensations ou pas de sensations du tout! Et elle ne voulait plus remonter sur les skis pour se retrouver en position d'échec. Là, au contraire, elle a pu faire 1km sans problèmes, sans tomber, avec de bonnes sensations et surtout, des muscles, des nerfs qui répondent enfin positivement aux stimulations. Sur les lieux de compétition, elle a beaucoup marché et de jour en jour, elle a senti ses forces revenir.
Physiquement, elle a perdu le gonflement spécifique dû à la cortisone et est revenue à son poids de forme sans muscles. Ses cheveux poussent bien, sa couleur a changé: de châtain foncé, elle est passé à blond cendré.
Elle voit aussi une psychologue pour parer le coup de barre post maladie.
Ce week-end de ski a été très bénéfique pour elle, son désir de continuer le biathlon est toujours aussi intact et fort et rien ni personne ne l'arrêtera! Dans son regard brille de nouveau l'oeil du Tigre!!

LES NEIGES DE FIN DE SAISON

Voilà, la saison 2011-2012 est bouclée. Le dernier mois a filé à toute allure mais j'en ai eu conscience et j'ai pu anticiper, je ne me suis pas laissée surprendre comme à mon habitude, en bonne adepte de la procrastination!!...
La saison s'est terminée à Bessans au fond de la Maurienne, un endroit que j'aime beaucoup, plein d'énergie terrestre vibratoire. Pas de pélerinage devant les petites chapelles baroques mais du boulot et encore du boulot!
Heureusement, la têche a été facilitée par l'organisation qui avait mis à notre disposition des bungalows où notre matériel était entreposé et ne bougeait pas et où nous pouvions travailler à l'abri et tranquillement. On pouvait même faire des bains de boue en sortant sur le terre-plein...
Il restait suffisamment de neige sur place, très dure et "béton" jusqu'à 11h puis molle et "soupe" ensuite sous l'effet du soleil d'avril.
Fondeurs et biathlètes étaient rassemblés pour concourir de concert au long de la journée, les courses alternant rapidement et maintenant un spectacle de qualité pour les spectateurs. Il y avait pas mal de monde samedi et dimanche, une bonne ambiance nordique et un temps splendide.
Mes coureurs ont sorti leurs meilleures performances de l'hiver à l'occasion et je les en remercie! Il y avait 4 courses sur 4 jours (3 courses pour les miens) et les effets de l'altitude ont rendu les choses plus difficiles. Mais tous ont voulu faire plus que leur mieux, se sont battus, se sont accrochés, se sont sorti les tripes et j'ai été au moins satisfaite de leur engagement. Pas de problèmes au niveau du fartage.
Des petites anecdotes qui pimentent le quotidien, tel ce coureur qui, sur le skiathlon, n'avait pas les mêmes fixations entre classique et skate... et ne s'en aperçoit que le matin de la course en me déclarant, alors qu'il part dans une heure: "J'ai un gros problème pour la course!!" Eh oui, on peut dire ça.
Ou la seule fille de notre équipe que nous ne trouvions plus à la fin du relais pour la féliciter de sa course, croyant qu'elle s'était sauvée dans la forêt pour pleurer de dépit... s'était tout simplement fait kidnappée par l'équipe des docteurs du contrôle anti-dopage! Une expérience unique pour elle.
Et enfin, la tenue adorable d'Emilie Vina et Elodie Bourgeois-Pin déguisées en félines sexy, jupe à volants courte noire bordée de rose, chaussettes montantes avec petits noeuds roses sur les genoux, bustier ajusté et serre-tête avec oreilles de chat. On a vu beaucoup de garçons se retourner sur elles!! Elles n'avaient rien à envier à Thérèse Johaug! C'était une façon très originale de marquer leur fin de carrière, je leur souhaite une bonne reconversion!
A noter aussi la retraite de la grande dame du ski de fond des 15 dernières années, Karine Laurent Philippot qui met le clignotant après avoir fait 2 enfants et une carrière servant d'exemple aux plus jeunes. Son caractère affirmé mais extrêmement gentil nous manquera.
Pour conclure, je dirai que le vent du changement va souffler au printemps et entre cadres de région, nous allons mettre tout notre engagement et toutes nos idées en commun pour redonner un second souffle à la discipline. Le biathlon cartonne depuis plus de 15 ans, le ski de fond s'est taillé une bonne part de succès depuis 8 ans mais il faut toujours rester vigilant et savoir se renouveller, innover, essayer pour que nos jeunes puissent devenir performants à long terme, se passionnent et restent fidèles au ski de fond et pour que les filles ne deviennent pas une espèce en voie de disparition dans notre milieu.
C'est un challenge qui me permet de retrouver du piment, de l'intérêt pour le métier. De même que l'arrivée d'une classe d'âge très douée en cadets 1 qui laisse présager de bons résultats en 2013. C'est excitant et c'est pourquoi je continuerai dans cette voie, cette année du moins...
Maintenant que les skis sont défartés et paraffinés, bien rangés dans la hausse au fond du garage, que les caisses sont nettoyées et les farts bien alignés sur leur grille pour pouvoir suinter leur matière collante tout l'été, il ne reste que les comptes-rendus, les réunions obligatoires, les entretiens et les sélections à faire. Presque les vacances!

mardi 31 janvier 2012

Mardi 31 janvier, 9h00 du mat, -8°, 20cm de neige sur le plateau de Retord, séance de ski classique.


On y va?


Magnifique nature ensevelie sous la neige tombante. Ce jour, c'est blanc sur blanc, il n'y a pas de contrastes et c'est justement ce qui est beau. Le paysage est noir et blanc, sobre.


J'ai quitté les pistes pour faire ma trace, la neige est douce sous les skis, un écureuil s'enfuit dans un arbre, les traces d'animaux se croisent: lièvre, renard, martre.


La veille, un brouillard givrant a fait naître des épines de glace sur toutes les branches. Et la neige nouvelle alourdit encore la décoration.


Le manteau neigeux est conséquent, 30 à 40cm avec une sous-couche glacée coriace résistant aux seaux d'eau que jette le ciel parfois... Les têtes de gentiane percent tout juste.


La chapelle de Retord a dû en voir des hivers rigoureux! Immuable, tranquille, paisible, elle regarde passer les skieurs l'hiver, les vaches et les randonneurs l'été. Les vers des poèmes de Delphine Arène résonnent-ils encore dans ses murs?